ment canadien et les caractères de notre constitution. Elle sous-tend la vie nationale. Elle dessine les traits du visage sous lequel les autres peuples nous connaissent et nous reconnaissent. Nous soubaitons que dans ce livre, comme dans un miroir fidèle, on retrouve l'image de notre identité profonde. En 1949, dans son discour présidentiel à la Société royale du Canada, M. Gustave Lanctôt distinguait trois périodes caractéristiques dans l'histoire de la coexistence des groupes français et anglais au Canada depuis deux siécles : la période du rapprochement social et de la separation politique, de 1760 à 1791; l'étape de l'influence mutuelle dans la vie politique, de 1791 à 1867; enfin, depuis la Confédération, la phase de l'interaction proprement dite, accentuée par la détente qui a suivi les années 1914-18 et par une communication plus intense entre les " élites " de chaque groupe. Il souhaitait que le Canada cessât d'être le pays de " deux solitudes " pour devenir, en exemple au monde, le pays de " deux fortitudes ". Peut-être sommes-nous déjà engagés dans cette nouvelle étape. Est-il téméraire d'espérer que ce livre, à sa façon, éclairera la route dans cette direction? JEAN-C. FALARDEAU président, 1952-8 Comité pour l'étude des deux cultures Conseil de Recherche en Sciences sociales du Canada Université Laval 1958 -ix- |