Academic journal article The Canadian Geographer

Le Classement Des Villes Dans L'economie Du Savoir : Une Analyse Integeree Des Regions Urbaines Canadiennes et Americaines

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Le Classement Des Villes Dans L'economie Du Savoir : Une Analyse Integeree Des Regions Urbaines Canadiennes et Americaines

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Introduction

Aux Etats-Unis comme au Canada, les medias, les instituts de recherche et les universites aiment bien proposer des classements (rankings) de la performance economique des villes. Cependant, des classements integres a l'echelle nord-americaine, villes americaines et canadiennes confondues, sont rares. Le seul dont nous avons connaissance est celui de Gertler et al. (2002). La plupart des classements portent soit sur les villes americaines, soit sur les villes canadiennes. Cet article a pour but de presenter des resultats pour l'ensemble des villes (regions metropolitaines) nord-americaines de plus de 500 000 habitants (en 2000-2001), en mettant l'accent sur ce qu'il convient d'appeler l' [??] economie du savoir [??]. A partir d'un univers de 90 regions metropolitaines, nous tenterons de situer les villes canadiennes par rapport a celles des Etats-Unis. A la difference de Gertler et al. (2002), nous traitons cet univers urbain comme un tout integre. En effet, leurs classements sont effectues par classe de villes, selon des tranches de population ; a titre d'exemple, le premier groupe comprend les villes d'un million d'habitants et plus (n = 43), dont quatre regions urbaines canadiennes. (1)

C'est la recherche d'indicateurs [??] comparables [??] entre les deux pays qui constitue le principal defi de tout exercice de ce genre. En ce sens, l'introduction en 1997 du SCIAN (2) a grandement facilite notre tache. La necessite de la compatibilite des donnees a largement guide, et du meme coup limite, le choix des indicateurs. Notre objectif n'est pas de produire un classement unique des villes nordamericaines a partir d'un indice composite. Plutot, nous presenterons des classements reposant sur sept indicateurs qui, en principe, traduisent la force ou le potentiel d'une ville dans l'economie du savoir, un concept elastique. Nous y reviendrons. A ce titre, notre analyse se distingue d'autres exercices de classement par l'accent que nous mettons sur le secteur tertiaire (choix en partie impose par des contraintes statistiques). Dans un deuxieme temps, nous procedons a des analyses de correlation entre les sept indicateurs pour trois groupes de villes. Comme nous le verrons, le choix d'inclure ou d'exclure les villes canadiennes (ou d'autres classes de villes) modifient les resultats. Mais d'abord, nous allons passer brievement en revue d'autres classements de villes dans ce qu'il convient d'appeler l'economie du savoir.

La tradition des classements et l'economie du savoir

Parmi les exercices les plus recents de classement, certains mettent l'accent sur le concept de [??] creativite [??], tout aussi elastique (Florida 2001 ; Gertler et al. 2002). Cependant, peu importe les auteurs, le capital humain, les connaissances et la dynamique d'innovation propres aux villes restent au coeur des ecrits sur l'economie du savoir (Saxenian 1994; Mather 1999; Kotkin et DeVol 2001), et le secteur tertiaire y occupe desormais une place preponderante. La presence d'usines et d'industries lourdes serait dorenavant moins importante qu'une main d'ceuvre qualifiee, une bonne qualite de vie et, surtout, la capacite d'attirer et de garder les meilleurs talents (Diener et Suh 1997; Andrews 2001). L'histoire recente des villes du Rust Belt aux Etats-Unis illustre bien le declin de l'industrie lourde comme base de prosperite. Detroit, a titre d'exemple, qui a connu de serieux problemes sociaux et economiques, a reussi a freiner sa descente aux enfers en misant sur des secteurs d'activites tertiaires (Parr 1998). En contrepartie, Ottawa, ville de services, a diversifie avec succes son economie, pourtant solide, en promouvant la recherche et le developpement en haute technologie (Ghent Mallett 2002).

Dans une analyse de classements de ce que Tremblay (2002) appelle les [??] technopoles [??] nordamericaines, il ressort clairement que la haute technologie, tout comme l'economie du savoir, est un concept qui emprunte une multitude de definitions. …

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