Academic journal article Canadian Journal of History

Les Journees Populaires et la Violence Collective Dans le Vaucluse Rural Apres Thermidor

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Les Journees Populaires et la Violence Collective Dans le Vaucluse Rural Apres Thermidor

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Quand les historiens ont commence a etudier serieusement la violence populaire dans la Revolution francaise au cours des annees 1950, la periode apres thermidor a ete negligee. Certes, il y avait eu des etudes locales, comme celles de Paul Gaffarel et Louis Deves portant sur la Provence, toutefois, aucune de ces anciennes etudes n'analyse d'une maniere systematique et vigoureuse la "Terreur blanche."(2)

C'est Richard Cobb qui, le premier, a commence a combler les lacunes de notre connaissance. Ses deux ouvrages, La protestation populaire en France et Reactions to the French Revolution ont influence des travaux ulterieurs, comme ceux de Colin Lucas et de Gwyn Lewis.(3) Notons en passant que les historiens d'Oxford ont etudie la Revolution a l'echelle du Midi. Aucun d'entre eux n'a ecrit une monographie limitte a la Provence.

Il est interessant de noter l'image de la Terreur blanche dans le Midi chez Richard Cobb:

Dans le Sud-Est, la Terreur blanche que beneficia d'un

soutien populaire considerable et qui fit appel a des sabreurs

d'origine populaire, pourrait etre qualifiee de "mouvement

populaire" primitif. Mais la Terreur blanche n'etait pas

autonome, elle etait utilisee et manipulee par des tiers venus

de l'exterieur, et a des fins politiques qui n'avaient rien a voir

avec la cause du peuple.(4)

Quels desordres doivent etre compris sous l'expression de "mouvement populaire?" Selon Cobb, il s'agit de "troubles a propos des droits seigneuriaux, mepris traditionnels pour certaines lois sur la chasse ou la contrebande, et apres 1795, le brigandage pur."(5)

Cobb, qui voit une continuite entre le mouvement populaire avant la Terreur et celui qui suit thermidor, nous presente un portrait de la Terreur blanche comme un phenomene domine largement par les brigands - sabreurs et voleurs - c'est-a-dire des "professionnels" de la reaction. On trouve encore cette image chez Colin Lucas, quoique dans un schema beaucoup plus sophistique. Le Midi ressemble en cela aux regions de la chouannerie.(6)

Nous allons utiliser l'exemple de la violence populaire de la Terreur blanche dans le Vaucluse afin de demontrer que la reaction dans la Basse-Provence presente egalement d'autres caracteristiques essentienes pour bien saisir la nature de la contre-revolution provencale. Il est possible que le schema oxfordien puisse rendre compte de la reaction dans le Massif central ou le Lyonnais, mais il ne suffit pas quant a la Provence occidentale, c'est-a-dire cette partie de la Provence la plus touchee par la Terreur blanche.

De prime abord, il faut situer le Vaucluse dans la France revolutionnaire. La Provence est entree dans la voie revolutionnaire en mars 1789 et elle est reste attachee a l'avant-garde revolutionnaire jusqu'a la fin de 1792. Le mouvement reolutionnaire en Provence etait militant et marque par une participation populaire tres precoce.(7)

Cependant, la majeure partie du departement du Vaucluse actuel ny etait pas compris. Le Comtat Venaissin avait ete enleve au comte de Provence au [XIII.sup.e] siecle et formait toujours au [XVIII.sup.e] siecle une enclave sous la souverainete de la Chambre apostolique a l'interieur des frontieres du royaume bourbon. La ville d'Avignon constituait un etat separe mais egalement "du pape' comme on disait toujours. Au niveau de la structure sociale ou culturelle, il n'y avait rien qui distinguait le Comtat de la Provence, si ce n'est que la taille etait inconnue dans le territoire romain, et la noblesse encore plus faible qu'en Provence ou l'aristocratie etait deja loin d'avoir la puissance de celle du Languedoc ou de la Lorraine.

Or,il est bien connu que la Revolution francaise commenga par la crise financiere et politique de la monarchie. Puisque le Comtat et Avignon n'en faisaient pas partie, le mouvement reformiste debuta plus tard dans la France du pape qu'en Provence ou en Dauphine, c'est-a-dire en 1790. …

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