Academic journal article Canadian Journal of Education

Donner la Parole Aux Jeunes et Faire Entendre Leurs Voix: Defis D'une Recherche Aupres De Jeunes D'origine Haitienne a Montreal

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Donner la Parole Aux Jeunes et Faire Entendre Leurs Voix: Defis D'une Recherche Aupres De Jeunes D'origine Haitienne a Montreal

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Introduction

Bien que les eleves quebecois soient les premiers acteurs de leur apprentissage et de leur reussite scolaire, leur point de vue est souvent absent ou neglige des recherches les concernant. En effet, la plupart des etudes quantitatives documentent les effets du milieu d'origine de l'eleve ou de l'environnement scolaire (Kamanzi, Ying Zhang, Deblois, & Deniger, 2007; McAndrew & Ledent, 2008). Les recherches sur la motivation des eleves sollicitent certes leur point de vue par questionnaire (Bouffard & Couture, 2003; Chouinard, Bouffard, Bowen, Janosz, & Vezeau, 2007). Cependant, elles sont basees sur des correlations entre differentes variables et les resultats scolaires, et ne permettent pas d'apprehender la perspective integree de l'eleve-sujet et son action. En outre, le point faible de ces etudes est leur difficulte a expliquer les causes et la construction des reussites ou des echecs scolaires.

Les chercheurs reconnaissent ces limites et renvoient parfois aux etudes qualitatives qui permettraient une analyse plus fine et approfondie de l'experience scolaire. Toutefois, les recherches qualitatives non plus ne sollicitent pas toujours le point de vue des eleves ou bien elles le mettent au second plan, apres le point de vue des enseignants, des parents, des acteurs de la communaute, etc. (CSIM, 1981). Par ailleurs, ces recherches se penchent sur une a deux dimensions de la vie des eleves, telles l'attitude face a une tache ou une discipline scolaire (Fils Aime, 2011; Gilbert, 2008), les relations avec les enseignants ou les pairs (Pierre-Jacques, 1986), la collaboration ecole-famille (Saint-Fleur, 2007), etc. Les differentes composantes de l'experience socioscolaire sont rarement prises en compte en tant qu'elements en interaction. Enfin, aux dires de certains jeunes, il est aussi trop souvent question des <> et des echecs, tandis que les histoires de reussite passent inapercues (Lafortune, 2006; Robergeau, 2007).

La recherche dont il est question dans cet article a voulu contribuer a tous ces egards. Elle s'est interessee a la trajectoire de socialisation scolaire, familiale et socio-communautaire de jeunes aux parcours contrastes (en reussite, en difficulte et en decrochage scolaire) et elle leur a donne la parole en tant qu'acteurs principaux de leur histoire socioscolaire. Dans un second temps, le point de vue de proches de l'environnement familial, scolaire et communautaire ayant joue un role important dans la trajectoire etait sollicite, avec l'accord du jeune. L'objectif etait d'acceder a une comprehension plus complete et claire de l'experience du jeune, sans necessairement chercher a <> l'exactitude des informations, mais, sans chercher, par ailleurs, a gommer ou aplatir les differences entre les perspectives (De Sardan, 1995).

Mais qu'est-ce qui garantit que la voix qu'on pretend mettre en valeur l'est effectivement? Dans quelle mesure parvient-on a decoder ce que le jeune cherche a dire a travers ses mots, ses silences, ses contradictions et ses non-dits? Et comment traite-ton ces differents elements du discours, sachant qu'ils jouent un role important dans la construction de la trame narrative? En outre, le choix de confronter le point de vue du jeune a celui des personnes significatives peut conduire a s'interroger sur la posture de la chercheuse face a la parole du jeune. Comment ne pas donner l'impression d'avoir cherche a confirmer la parole du jeune aupres des personnes significatives? Comment, en particulier, traiter les elements de contradictions entre les differents discours sans paraitre mettre en doute la parole du jeune? Comment presenter certaines informations personnelles qu'il n'a pas revelees et qui semblent majeures pour comprendre le cas? Et qu'en est-il de la voix de la chercheuse? Selon la posture adoptee, l'interpretation est une co-construction participants-chercheuse qui mobilise autant les categories du jeune (sa facon de decrire son experience) que les categories conceptuelles de la chercheuse (Demaziere, 2008). …

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