Academic journal article Fontes Artis Musicae

Le Fonds Adolphe Jullien Conserve a la Bibliotheque Historique De la Ville De Paris

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Le Fonds Adolphe Jullien Conserve a la Bibliotheque Historique De la Ville De Paris

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Musicologue et critique musical, Adolphe Jullien (1845-1932) fut aussi un collectionneur. Amateur de beaux livres et d'autographes, il s'interessa tout autant a des documents moins nobles et sans valeur marchande, les programmes de concerts. Entre 1864 et 1926, il conserva ceux des quatre principales societes de concerts parisiennes en activite : la Societe des concerts du Conservatoire, les concerts Pasdeloup, Colonne et Lamoureux. Cette collection de plusieurs milliers d'affiches et les sources manuscrites et imprimees qui la completent forment un ensemble de dix-huit volumes et un repertoire des programmes de concerts d'une grande valeur pour les chercheurs. Si des ensembles plus ou moins complets de programmes sont consultables dans differents centres d'archives, aucun ne presente un panorama aussi riche de l'activite musicale parisienne sur une aussi longue periode (2). Legue par testament a la Bibliotheque historique de la ville de Paris oU il est entre le 24 fevrier 1937 (3) et conserve sous la cote 117 320, le fonds Adolphe Jullien a ete numerise en 2009 (4).

Contemporain de Gabriel Faure (1845-1924), Adolphe Jullien etudia le droit avant de se consacrer a la musique (5). Son activite de critique musical commenca en 1869 au Menestrel. Elle se poursuivit pendant plus de cinquante ans, soit dans des periodiques litteraires ou generalistes (Le Francais, Le Moniteur universel, Le Journal des debats, etc.), soit dans des periodiques musicaux tels que, outre Le Menestrel, la Revue et gazette musicale de Paris et La Chronique musicale. Il redigea parallelement des etudes musicologiques portant essentiellement sur l'opera au XVIIIe siecle en France, mais aussi des monographies consacrees a des contemporains dont la liste donne un apercu de ses choix esthetiques : Ernest Reyer (1823-1909) (6), Hector Berlioz (1803-1869) (7) et Richard Wagner (1813-1883) (8). En premiere ligne dans le combat chaotique en faveur de la musique de ce dernier, il fut l'un de ceux que son ami le peintre Theodore Fantin-Latour (1836-1904) fit figurer sur son tableau Autour du piano, en 1885, au cote d'autres wagneriens francais.

Lorsque Jullien redigea son premier article pour Le Menestrel en 1869 (9), Paris comptait deux grandes societes de concerts, la Societe des concerts du Conservatoire, en activite depuis 1828, et les Concerts populaires de musique classique fondes par Jules Pasdeloup (1819-1887) en 1861. Les points communs entre ces deux societes etaient aussi nombreux que les differences. Depuis sa creation, la Societe des concerts du Conservatoire rassemblait autour d'elle un public choisi (10). Entre janvier et avril, le dimanche a 14 heures dans la grande salle des concerts du Conservatoire, il venait assister, moyennant un droit d'entree eleve, a un concert orchestral. Les symphonies constituaient le plat de resistance des programmes. Mais plus que celles d'Haydn et Mozart, c'etaient celles de Beethoven que l'orchestre defendait en priorite. De maniere presque systematique, l'une d'entre elles figurait au programme de chaque concert. Les programmes etaient completes par des extraits d'oeuvres comportant des solos vocaux, des oeuvres de musique de chambre orchestrees et des pieces concertantes, plus souvent pour violon que pour piano. Les oeuvres contemporaines en etaient bannies. Compose de soixante musiciens auxquels se joignaient des eleves du Conservatoire, l'orchestre se distinguait par la qualite de ses executions qui faisaient l'admiration de l'Europe entiere.

En fondant les Concerts populaires de musique classique en 1861, Pasdeloup entendait mettre a la portee de toutes les bourses les concerts de la Societe des concerts du Conservatoire (11). Pour cela, il choisit, d'une part, de s'installer dans une vaste salle, le Cirque-Napoleon, situee boulevard des Filles-du-Calvaire dans un quartier populaire et pouvant accueillir 3 500 auditeurs, et, d'autre part, de fortement reduire le prix des billets d'entree : entre 0,75 F et 5 F alors qu'ils etaient compris entre 2 F et 12 F au Conservatoire. …

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