Academic journal article Refuge

Les Hauts et Les Bas Du Financement Canadien Au HCR: Quelle Aide et Pour Quels Refugies?

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Les Hauts et Les Bas Du Financement Canadien Au HCR: Quelle Aide et Pour Quels Refugies?

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Introduction

Le Canada compte generalement parmi les dix premiers donateurs du Haut Commissariat des Nations Unies pour les refugies (HCR). Entre 2006 et 2013, le financement du Canada au HCR a plus que double, passant de 37,3 a 84,9 millions de dollars canadiens (en dollars constants de 2013 (1)), soit une augmentation de 128 %. Durant cette periode, le financement canadien a lensemble de l'Organisation des Nations Unies (onu), incluant ses organes, ses institutions specialisees, ses fonds et ses programmes, n'a cru que de 34 %. Cette croissance est comparable a celle de l'aide multilaterale (37 %) qui inclut le financement a l'ONU, mais egalement a d'autres organisations internationales comme des institutions financieres internationales et regionales, l'Organisation internationale de la francophonie ou encore l'Organisation internationale pour les migrations. L'aide internationale totale (ou aide publique au developpement) qui combine les aides bilaterale et multilaterale a augmente entre 2006 et 2010, mais diminue depuis 2011 pour etre ramenee en 2013 a un niveau comparable a celui de 2006. Par consequent, alors que le financement multilateral en general, et a l'ONU en particulier, est en croissance legere et que le financement bilateral est en baisse, les fonds octroyes au HCR connaissent une augmentation significative (2). Sur la meme periode, selon les donnees compilees par le HCR, la part de la contribution canadienne affectee a un pays, une region ou un secteur a augmente de 32 %. Ainsi, la proportion des fonds canadiens dont peut disposer librement le HCR, des fonds communement decrits comme << non affectes >> (3), a considerablement diminue. Ces constats refletent une tendance globale: le financement des donateurs importants, parmi lesquels le Canada, a augmente durant la derniere decennie, tout comme le budget du HCR. Au meme moment cependant, les pays donateurs affectent de plus en plus leur contribution a une zone geographique, a un theme ou a secteur d'activite specifiques.

Ces observations soulevent un certain nombre de questions quant aux raisons de ce financement certes en croissance, mais de nature de plus en plus restrictive. En examinant les tendances du financement canadien au HCR entre 2006 et 2013, cet article s'interroge sur la relation entre ce financement, la politique etrangere canadienne et la politique nationale d'immigration et d'asile, ainsi que sur la relation que le Canada entretient avec le HCR. Cette etude est de nature exploratoire et ne pretend, par consequent, pas fournir des reponses definitives. Elle espere plutot ouvrir des pistes de reflexion qui pourraient inspirer de futures recherches. Il convient de noter que durant la periode analysee, le gouvernement conservateur de Stephen Harper etait au pouvoir, soit un gouvernement qui a marque une certaine rupture dans la politique etrangere canadienne, notamment en adoptant une position tres critique envers les Nations Unies (4).

La litterature sur le financement des organisations international est etonnamment limitee, en particulier si lon considere que cette question est determinante dans leur fonctionnement et dans le debat sur leur autonomie (5). Dans le cas du HCR, cette question est d'autant plus pertinente que la quasi-totalite de son budget (98 %) depend de contributions volontaires, principalement etatiques. Les articles de Vayrynen en 2001 (6) et de Roper et Barria en 2010 (7) comptent parmi les rares etudes consacrees specifiquement a ce sujet. Le premier se penche sur le budget du HCR et souligne que le financement octroye a l'agence varie selon les interets politiques des donateurs. Vayrynen observe que des les annees 1990, la proportion du financement affecte par les Etats augmente, une tendance qu'il attribue a leur volonte de controler les interventions du HCR en fonction de leurs interets nationaux, mais egalement a leur manque de confiance envers l'institution. Roper et Barria etudient la nature du financement au hcr et soulignent que les Etats tirent des benefices prives de leurs contributions. …

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