Academic journal article Canadian Journal of Education

Les Roles Exerces Par Des Enseignantes Atikamekw a L'education Prescolaire En Contexte De Jeu Symbolique Pour Favoriser L'emergence De L'ecrit

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Les Roles Exerces Par Des Enseignantes Atikamekw a L'education Prescolaire En Contexte De Jeu Symbolique Pour Favoriser L'emergence De L'ecrit

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Contribution

Ce projet a recu l'appui du Conseil de recherche en sciences humaines (CRSH, 2013-2016) et des Fonds de recherche du Quebec - Societe et culture (FRQSC, 2012-2013).

Introduction

Au Quebec, la politique d'instruire les enfants autochtones dans leur langue maternelle est, depuis les annees 1990, adoptee par plusieurs communautes (Ministere de l'Education du Quebec [MEQ], 2004). Bien avant la mise en place de cette politique ministerielle, la Fraternite des Indiens du Canada a denonce, dans le rapport La maitrise indienne de l'education indienne, la declaration de principe, l'integration scolaire des enfants autochtones dans des ecoles eloignees de leur communaute et a declare une prise en charge du systeme educatif par chaque communaute ainsi que leur volonte d'instruire leurs enfants dans la langue autochtone (Fraternite des Indiens du Canada, 1972). Aujourd'hui, le choix de la langue de scolarisation (autochtone, francais ou anglais), comme langue d'acces au savoir, demeure un enjeu important du cheminement scolaire des enfants, malgre une vision divergente des chercheurs et des membres des communautes autochtones (Morris & O'Sullivan, 2007 ; de la Sablonniere, Usborne, & Taylor, 2011). La decision finale du choix de la langue d'enseignement releve principalement du Conseil de bande (1). Dans la communaute autochtone concernee par la presente etude, les enseignantes a l'education prescolaire utilisent le programme d'education prescolaire du ministere de l'Education du Quebec (MEQ, 2001) (2) mais les activites en classe se deroulent en langue atikamekw.

Contexte et objectif de la recherche

Au Quebec, il existe 55 communautes autochtones, dont 14 villages inuits et 41 communautes des Premieres Nations. Parmi ces dernieres, il y a trois communautes atikamekw : Manawan, Wemotaci et Opitciwan (3). Elles se situent dans la region de Lanaudiere et de la Haute-Mauricie. Bien que les trois communautes atikamekw appartiennent a une meme nation, leur systeme educatif differe sur le plan du choix de la langue d'enseignement a l'education prescolaire et au primaire. Dans la communaute concernee, la langue atikamekw est parlee quotidiennement a la maison, a l'ecole et au travail. Les communications officielles transmises par le Conseil de bande sont ecrites en langues atikamekw et francaise. Toutefois, plusieurs membres de la communaute utilisent le francais pour des communications officielles (ex. : envoi de lettres aux parents, rapport de bilan de sante, etc.), mais utilisent l'atikamekw dans des communications informelles (ex. : Facebook). Cette situation de diglossie sociolinguistique amene certains leadeurs autochtones a privilegier l'education des enfants autochtones dans leur langue maternelle, ce qui est le cas dans la communaute concernee ; l'atikamekw est la langue d'enseignement pour l'education prescolaire, la premiere et la deuxieme annee du primaire.

En general, les langues autochtones et les langues dominantes, dont le francais et l'anglais, ne jouissent pas du meme prestige. Les Autochtones privilegient leur langue maternelle (4) dans des situations informelles de communication, alors qu'ils utilisent la langue dominante dans des situations formelles, notamment pour l'ecriture (Drapeau, 2011). Bien que certaines personnes des Premieres Nations se mefient de l'alphabetisation, puisque cela les detournerait du savoir oral, d'autres considerent que la langue autochtone doit etre enregistree, preservee et ecrite afin d'etre revitalisee (Pitawanakwat, 2016). L'importance pour les Autochtones de savoir lire et ecrire dans la langue maternelle repose donc sur des arguments d'ordres sociolinguistique, pedagogique et professionnel. En effet, la sauvegarde des langues autochtones et leur revitalisation (de la Sablonniere et al., 2011 ; Hot, 2010), le transfert d'habiletes en langue maternelle vers la langue seconde (Hamers & Blanc, 2000 ; Morris, 2015), le renforcement de l'identite autochtone (Duff & Li, 2009 ; Norris, 2007) et l'acces a un poste d'administration, de direction ou a un emploi qui exige de savoir lire et ecrire une langue autochtone (ex. …

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