Academic journal article The Romanic Review

Les Deux Discours Inedits d'Aragon Au 3eme Congres De la "League of American Writers", le 2 Juin 1939

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Les Deux Discours Inedits d'Aragon Au 3eme Congres De la "League of American Writers", le 2 Juin 1939

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Aragonintervient trois fois, au moins, a ce congres: une fois a la soiree de Carnegie Hall, le 2 juin, dont il est question dans la communication de Jean Albertini, une autre fois, au cours de la meme journee, dans une seance interne du Congres. Ce sont ces deux discours que nous publions. Le texte, sans doute improvise, d'une troisieme intervention, dont on connait l'existence par ce qu'en a dit son auteur, longtemps apres, dans sa necrologie de Dashiell Hammett (voir aussi le texte de Jean Albertini), ne nous est pas parvenu, non plus que d'autres, vraisemblables, au cours d'autres debats.

Les originaux dactylographies de ces discours, rediges en anglais et retouches de la main d'Aragon, se trouvent sous les cotes MS A3:8/A4 (8 pages) et MS A3:8/A5 (9 pages), dans les archives de la League of American Writers conservees a l'Universite de Californie (Berkeley). Nous remercions Madame S. E. Snyder, conservatrice de la Bancroft Library, et M. Jean Ristat, executeur testamentaire d'Aragon, de nous avoir autorises a les publier.

Quelques informations seulement pour mieux apprehender le contexte et la teneur de ces discours. Pour ce qui concerne la League et son developpement de 1935 a 1939, nous renvoyons a la communication qui precede. Aragon et Elsa, repondant a leurs propres frais a l'invitation de leurs confreres et amis americains, ne venaient pas la en visite de courtoisie. Ils voulaient remplir une mission politico-culturelle de la plus haute importance a leurs yeux: aider les progressistes americains a mieux rejoindre la coalition culturelle antifasciste europeenne, devant les echeances imminentes. N'oublions pas la force, alors, du courant isolationniste aux Etats-Unis, ou un acte de neutralite interdit depuis 1935 la vente de materiel de guerre a des pays belligerants. Le 27 septembre 1938, a la veille de Munich, le president Roosevelt precisait, dans un message a Hitler, que "le gouvernement des Etats-Unis n'a pas d'engagements politiques en Europe". N'oublions pas non plus l'ampleur majoritaire du sentiment anticommuniste et antisovietique qui prevalait alors aux U.S.A.: en fevrier 1939, dans un sondage effectue sur 3 000 personnes, a la question: "Lesquels, des communistes ou des nazis habitant ce pays, representent le plus grand danger pour les Etats-Unis?", 55% repondent: les communistes et 45 %: les nazis. L'evocation de ce contexte permet de mieux apprecier la qualite de l'argumentation et des references, des exemples et citations utilises par Aragon pour convaincre, d'un cote, l'immense public du Carnegie Hall (3 000 personnes), d'autre part, ses confreres americains de s'engager plus et mieux dans la lutte antifasciste. Le fait meme que le president Roosevelt l'ait ensuite recu personnellement a la Maison Blanche en dit long aussi, je crois, sur l'impact de sa force de conviction et l'importance de sa venue et de son activite, alors, a New York, sur le front culturel antifasciste mondial.

Le Discours de Carnegie Hall

"We think our civilization near its meridian, but we are yet only at the cock-crowing and the morning star. In our barbarous society the influence of character is in its infancy ...." (1) This remark of Emerson's has by no means aged, and the essay from which it is drawn ends with these words, which lend it perspective: "I have just been conversing with one man to whom no weight of adverse experience will make it for a moment appear impossible that thousands of human beings might exercize [sic] toward each other the grandest and simplest sentiments, as well as a knot of friends or a pair of lovers."

If Emerson were to enter the hall of this Congress, I think that he would find here more than one man who felt this profound faith, and in a time of adverse experience indeed, when everything seems to conspire to convince us that the world belongs to brute force. And it is the greatness and nobility of this assembly, that it is a protest of the spirit against the new barbarism of these times, which is worse yet than those of Emerson. …

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