Academic journal article African Studies Review

Bailleurs Autochtones et Locataires Allogènes: Enjeu Foncier et Participation Politique Au Cameroun

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Bailleurs Autochtones et Locataires Allogènes: Enjeu Foncier et Participation Politique Au Cameroun

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Abstract:

Indigenous Lessors and Non-native Tenants: Land at Stake and Political Engagement in Cameroon

In the 1990s in Cameroon, as elsewhere in Africa, the democratization process and multiparty politics reinforced local identities and gave rise to an emotionally laden opposition between self-styled "first settlers" (autochthons) and those who were seen as having come later (allogènes). This article focuses on the struggles between Beti autochtones and Bamileke allogènes in Yaoundé, the country's capital. Claiming that the Bamileke have been trying to trick them out of their land, the Beti rehearse an old complaint, going back to the establishment of this city as the colony's capital in the early 1920s. The aim of this article is to show that claims and counterclaims relating to land ownership have become explosive because they are now linked up to political competition under the new style of multiparty elections. The Beti "landlords" are shocked by the political opposition of their Bamileke "tenants" to the party of President Biya, who is generally seen by the Beti as a "Son of the Soil." By introducing opposition parties these Bamileke "tenants," claim the Beti, seem intent on dominating their "landlords" in "their own house" and on "their ancestors' soil." This text analyzes this "host" and "guest" relationship, centered on land claims, in relation to the dominant political discourse on the construction of a national citizenship in a multiethnic context such as Cameroon. It also tries to demonstrate that the very notion of national citizenship remains highly precarious as long as ethnic differences are instrumentalized for political ends.

Résumé: Dans les années 90 au Cameroun, comme ailleurs en Afrique, le processus de démocratisation et le multipartisme politique renforçaient les identités locales et donnaient naissance à une opposition émotionnellement chargée entre les soi-disant "premiers colons" (les autochtones), et ceux qui étaient arrivés plus tard (les allogènes). Cet essai se concentre sur les luttes entre les autochtones Beti et les allogènes Bamileke à Yaoundé, la capitale. Les Beti, affirmant que les Bamileke ont manuvré pour les pousser hors de leurs terres, poussent une complainte bien connue depuis le temps où Yaoundé devenait capitale de la colonie dans les années 20. Le propos de cet essai est de montrer que les revendications sur l'appartenance des terres sont devenues explosives car elles sont à présent liées à la compétition politique qui se déroule sous le système du multipartisme électoral. Les propriétaires Beti sont choqués par l'opposition de leurs locataires Bamileke au parti du président Biya, considéré par la plupart des Beti comme un "fils de la terre." En introduisant des partis de l'opposition, ces "locataires" Bamileke, revendiquent les Beti, semblent avoir l'intention de dominer les propriétaires dans "leurs propres maisons" et sur "la terre de leurs ancêtres." Cet essai analyse cette relation entre les "hôtes" et les "invités," centrée sur la revendication des terres, en relation avec le discours politique dominant sur la construction d'une citoyenneté nationale dans un contexte multiethnique tel que le Cameroun. Cet essai tente également de démontrer que la notion même de citoyenneté nationale reste très précaire tant que les différences ethniques seront utilisées à des fins politiques.

Introduction

Le présent article porte sur l'analyse du lien entre la question foncière et le processus de démocratisation dès le début des années 1990 à Yaounde au Cameroun. Il est important de souligner que le processus de démocratisation en question a été mené dans un climat de tensions ethniques accentuées entre les ressortissants des hauts plateaux de l'Ouest (les Bamiléké) et les Béti de la région forestière du Cameroun. De manière surprenante, ces tensions dont le détonateur était une revendication politique (notamment l'instauration du multipartisme), se sont vite enlisées dans le domaine de la propriété foncière. …

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