Academic journal article Contemporary Readings in Law and Social Justice

Droit et Ordre Social Dans l'Antiquite Romaine : Morceaux Choisis

Academic journal article Contemporary Readings in Law and Social Justice

Droit et Ordre Social Dans l'Antiquite Romaine : Morceaux Choisis

Article excerpt

ABSTRACT. Through the homogeneous and abstract process of legal qualifications, the jurists of Rome meticulously reordered the human structures and concrete elements that founded the Roman world, to ensure the permanence of its order. The family unit was designed in relation to the principle of masculinity and dominated by the sovereignty of the father, along with the transmission of a name, a heritage and the community's traditions. The taxonomy of things and the categories of sacred, religious, holy, public and private revealed a social order in a material sense which guided indirectly the accomplishment of human behavior and thus the bearing of a collective scale of values that represented the grounds of the Roman world. Finally, operators of the right could not ignore that they were ruling a slave society.

Keywords: Roman law, social organization, family, goods, slavery

Ubi societas, ibi ius. Là où il y a société, il y a droit. Bien qu'elle souffre sans doute quelques exceptions, cette célèbre maxime latine met au moins en évidence que le droit s'adresse avant tout à la multitude, il suppose la présence de l'autre et trouve son fondement dans les rapports sociaux qu'il organise.1 Je laisserai ici la question de savoir si l'ordre social est antérieur au droit2 ou en découle expressément, sans chercher non plus à déceler si ce dernier visa au départ la sécurité des biens, par l'établissement du statut de la propriété, plutôt que celle des personnes par la punition du meurtre. Je me bornerai prudemment à constater qu'il paraît accompagner un processus de passage de la guerre vers la paix, une sérénité perpétuelle qui incarne l'idéal de l'association juridique des hommes entre eux.3 Aussi, qu'il émane d'un contrat social, de l'oeuvre d'un roi ou d'un tyran, de la volonté présumée d'un dieu ou d'un prophète, le droit conduit le basculement du désordre à l'ordre autour d'un double objectif : réguler les relations entre gouvernants et gouvernés autant que régir au mieux celles intervenant entre les particuliers. Les ramifications et procédés qui en découlent sont innombrables et leur évocation, même très succinte, dépasserait de très loin l'ambition de cette étude ; il suffira pour l'instant d'indiquer que le droit interdit, prescrit, délimite, attribue, et façonne ainsi un ordre comportemental et social.

Pour illustrer cette fonction prépondérante, je prendrai l'exemple du droit romain en ce qu'il constitue la première oeuvre juridique d'ampleur en Occident autant qu'il représente un système rétrospectivement conçu comme un "art d'organiser la société, les droits de chacun de ses membres et leurs obligations."4 Cette dénomination désigne d'ordinaire l'ensemble de la législation s'occupant du fonctionnement et de la gestion des institutions juridiques publiques et privées en vigueur à Rome et sur les territoires soumis à la domination romaine, depuis la fondation de la cité en 753 av. J. C. jusqu'à la mort de l'Empereur Justinien en 563 n. è. Durant cette longue période sont intervenus de nombreux changements qui ont provoqué une scission en plusieurs époques : archaïque, classique et postclassique. La période classique (3ème s. av. J. C. -3ème s. ap.) est réputée la plus riche car elle voit l'émergence de la science du droit et l'affirmation de la méthode casuistique sous la plume de grands jurisconsultes dont le nom et l'oeuvre rayonneront pendant des siècles au sein des cultures juridiques européennes. J'aborderai dans les pages qui suivent quelques éléments de cet ensemble qui sont, à mon sens, particulièrement représentatifs à la fois de la régulation de l'ordre social opéré par le ius, mais aussi plus précisément de la démarche, au sens de technique d'élaboration des règles, mise en oeuvre pour réaliser ce but.

I L'ordre parmi les hommes : masculinité, famille, patrimoine et res romana

Comme bien des communautés humaines, la société romaine s'articulait autour de la difference sexuée ainsi que le prouvent les textes juridiques relatifs à l'ambivalence sexuelle, lesquels prônent un indispensable rattachement du sujet à l'un ou l'autre sexe. …

Search by... Author
Show... All Results Primary Sources Peer-reviewed

Oops!

An unknown error has occurred. Please click the button below to reload the page. If the problem persists, please try again in a little while.