Academic journal article Canadian Journal of Nonprofit and Social Economy Research

Management Des Entreprises De L'économie Sociale et Solidaire. Identités Plurielles et Spécificités

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Management Des Entreprises De L'économie Sociale et Solidaire. Identités Plurielles et Spécificités

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Management des entreprises de l'économie sociale et solidaire. Identités plurielles et spécificités. Sous la direction d'Emmanuel Bayle et Jean-Claude Dupuis. Bruxelles : De Boeck, 2012, 344 pp. ISBN : 9782804170912

Cet ouvrage, publié suite au colloque de l'Institut de l'administration des entreprises de Lyon en 2010, a pour but d'apporter des réponses quant à la manière de renouveler les stratégies et les modèles de management sans renier les valeurs et les principes fondamentaux de l'économie sociale et solidaire (ESS). Les contributions portent essentiellement sur les situations française et belge mais les réflexions théoriques ont une portée plus générale, si bien que l'ouvrage constitue une lecture pertinente pour tout lecteur francophone.

D'emblée, il importe de rappeler que l'ESS représente plus de 10% du PIB et de l'emploi total en Europe. En France, elle a créé plus d'emplois que les entreprises privées entre 2000 et 2010 (p. 4). En contexte européen, le terme ESS regroupe des coopératives, mutuelles, associations, syndicats et fondations, fonctionnant sur des principes d'égalité des personnes, de solidarité et d'indépendance économique.

Dans un contexte de crises successives, les entreprises de l'économie sociale et solidaire (EESS) sont concernées au premier chef par la double finalité économique et sociale. Comme le rappelle le Président d'honneur du Crédit mutuel français, Étienne Pflimlin, pour atteindre cette double finalité, « La fin ne justifie pas les moyens. Ceux-ci doivent être en accord avec les valeurs mutualistes : honnêteté, confiance, disponibilité, service. C'est bien souvent là que les difficultés managériales commencent » (p. vi). Elles doivent être efficaces, servir leurs membres et contribuer au développement de leur communauté et société.

L'ouvrage est divisé en cinq parties et comporte quatorze chapitres. La première partie discute des identités plurielles et des spécificités du secteur de l'ESS. La deuxième partie traite de gouvernances, stratégies et entrepreneurial La troisième partie discute des pratiques de management, tandis que la quatrième porte sur la mesure et l'évaluation du rendement, et la dernière traite des pratiques dans des secteurs emblématiques de l'ESS.

Dans la première partie, Jean-Louis Laville présente des propositions théoriques et méthodologiques concernant la gestion de l'ESS afin qu'elle soit en « mesure de respecter les originalités des structures n'ayant pas le profit pour objectif » (p. 4). Il rappelle en premier lieu que les associations ont des logiques institutionnelles spécifiques, ancrées tant dans la rationalité que dans la quête de légitimité : efficacité et bien commun qui relèvent de la solidarité. Il souligne que les associations ont aussi une dimension organisationnelle marquée par une professionnalisation de leurs pratiques. Or cette dernière doit concilier la volonté des usagers et bénévoles de collaborer à la construction des services associatifs tout en relevant le défi des contraintes associées à la montée des idées et pratiques du New Public Management. Les années 1980 à nos jours ont vu la montée en importance de nouvelles aspirations à vivre et travailler autrement portées par les nouveaux mouvements sociaux. Ces valeurs et acteurs contribuent fortement à poser la question des pratiques de gestion, une thèse reprise par plusieurs des auteurs dans cet ouvrage. Laville rappelle que le managérialisme ne peut être confondu avec la préoccupation de gestion. Les praticiens et les chercheurs du secteur doivent: se réapproprier l'histoire de l'association afin de mettre son projet émancipatoire au devant des préoccupations; permettre la délibération multipartite des parties prenantes à la gestion; structurer des réseaux associatifs sectoriels et territoriaux afin de pouvoir s'opposer efficacement aux injonctions de pouvoirs externes; et, finalement engager des démarches de co-construction des politiques publiques et des procédures d'évaluation multicritères et multi-acteurs. …

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