Academic journal article Canadian Journal of Behavioural Science

Comment Comprendre L'influence Au Sein De Groupes D'adolescents: Conflit Sociocognitif Ou Apprentissage Social?

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Comment Comprendre L'influence Au Sein De Groupes D'adolescents: Conflit Sociocognitif Ou Apprentissage Social?

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Le groupe de pairs: positif versus négatif ?

Le groupe de pairs fournit un contexte attractif pour le développement social des enfants et des adolescents (Harris, 1995). En effet, le groupe de pairs est un agent fort de transmission culturelle, créant une structure unifiée autour de ses membres et encourageant la similarité, notamment en favorisant la production d'actes semblables (Rowe, Woulbroun & Gulley, 1994). Il apparaîtrait que les enfants peuvent s'engager dans des comportements qui seront renforcés par les pairs dès l'âge de 5 ans (Snyder et al., 2005). En effet, la plupart des interactions entre pairs commencent durant l'enfance et se poursuivent durant l'adolescence.

L'évidence pour une influence des pairs est abondante. Au chapitre d'une influence négative des pairs, il est montré que la consommation de cigarettes et de substances commence au contact du groupe de pairs (Oxford, Harachi, Catalano & Abbot, 2001). Concernant la délinquance, les adolescents délinquants se fréquentent, ce qui renforce leur niveau de délinquance (Poulin, Dishion & Haas, 1999; Shapiro, Smith, Malone & Collaro, 2010). 11 en va de même pour les conduites déviantes ou d'agression (Mrug, Hoza & Bukowski, 2004; Wemer & Crick, 2004).

L'influence des pairs peut être aussi perçue comme positive, principalement lorsque le groupe de pairs est composé d'adolescents au profil comportemental normatif (Barry & Wentzel, 2006; Brendgen, Bowen, Rondeau & Vitaro, 1999; Wentzel, Barry & Caldwell, 2004). En effet, être influencé par les pairs d'une manière acceptable et positive fait partie des processus de socialisation et d'ajustement de l'individu (Allen & Antonishak, 2008). L'insertion au sein d'un groupe de pairs fournit orientation, liberté d'expérimentation des comportements et soutien pour le développement de l'identité individuelle (Harter, 1990; Prinstein & Dodge, 2008) et du sentiment de bien-être personnel (Caims & Caims, 1995). Différents auteurs témoignent également de l'influence positive des pairs sur le plan du développement des compétences sociales, de l'engagement scolaire, de la coopération, de la participation à des activités parascolaires ou encore des comportements d'abstinence sexuelle (Antonishak, Allen & McFarland, 2006; Carlo, Fabes, Laible & Kupanoff, 1999; Ellis & Zarbatany, 2007; Ryan, 2001; Wentzel et al., 2004; Wentzel, Filisetti & Looney, 2007).

Les interactions entre pairs prennent place au sein de situations duelles (par ex., une relation d'amitié) ou dans des situations de groupe (Rubin, Bukowski & Parker, 2006). Les comportements qu'adoptent les adolescents dans un groupe se présentent toutefois comme très différents de ceux que l'on observe au sein d'une relation duelle. En effet, dans des groupes, même petits, il est observé davantage de compétition et une moins bonne harmonie entre les membres, probablement parce que les groupes sont plus hétérogènes au regard du profil des membres que les dyades d'amis (Benenson, Nicholson. Waite, Roy & Simpson, 2001). Toutefois, peu d'études ont examiné les interactions sociales entre pairs dans des groupes hétérogènes dont les membres affichent des profils nettement opposés et qui, par surcroit, ne se connaissent pas. Certaines exceptions existent toutefois.

Par exemple, une étude de Feldman, Caplinger et Wodarski (1983) a mis en évidence une influence unidirectionnelle positive des pairs adaptés sur les pairs inadaptés lors d'interactions entre jeunes présentant des profils comportementaux différents. Cette étude comparait, au sein d'un contexte d'intervention, une condition hétérogène, composée de jeunes aux profils variés, incluant des adolescents antisociaux et des adolescents non antisociaux, avec une condition homogène, composée uniquement d'adolescents antisociaux. Les résultats montrent que les adolescents antisociaux dans la condition hétérogène manifestaient moins de conduites délinquantes lors des sessions de groupe ainsi qu'en dehors, comparativement aux adolescents dans la condition antisociale homogène (Feldman et al. …

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