Academic journal article McGill Journal of Education (Online)

Les Difficultés Des ÉLèves Du Primaire En Mathématiques, Quelle Perspective D'interprétation Privilégier ?/Primary School Students' Difficulties in Mathematics: Which Interpretation to Prioritize?

Academic journal article McGill Journal of Education (Online)

Les Difficultés Des ÉLèves Du Primaire En Mathématiques, Quelle Perspective D'interprétation Privilégier ?/Primary School Students' Difficulties in Mathematics: Which Interpretation to Prioritize?

Article excerpt

Depuis la réforme du système de l'éducation en 2000, l'intégration et la réussite des élèves ayant des difficultés d'apprentissage sont devenues des enjeux majeurs du ministère de l'Éducation (Squalli, Venet et Lessard, 2006). Cette préoccupation constitue l'orientation fondamentale de la Politique en adaptation scolaire (Ministère de l'Éducation du Québec [MÉQ], 1999). Dans la perspective de la prévention des difficultés scolaires, une des disciplines à privilégier est celle des mathématiques. À cet effet, DeBlois (2009) soutient que les connaissances en mathématiques sont constamment mobilisées, tant dans les tâches quotidiennes que dans les activités professionnelles que réalise un individu.

Dans le domaine des mathématiques, plusieurs écrits scientifiques révèlent deux perspectives distinctes sur la problématique des élèves présentant des difficultés d'apprentissage. La première perspective est essentiellement centrée sur l'identification et la description de dysfonctionnements propres à l'élève, tandis que la seconde perspective s'intéresse plutôt au fonctionnement du système didactique et aux phénomènes particuliers qui caractérisent les relations entre la production de l'élève, la situation effective d'enseignement et la spécificité du savoir à apprendre (Giroux, 2010 ; Roiné, 2009). Martin et Mary (2010) corroborent ces propos en précisant que ces différentes perspectives adoptent des positions antagonistes quant à l'explication des particularités de l'enseignement des mathématiques qui est dispensé aux élèves en difficulté.

Ces deux perspectives reposent sur des fondements théoriques et méthodologiques particuliers, ainsi qu'elles sont alimentées et supportées par différents foyers (surtout universitaires) de recherche. De plus, elles influencent l'enseignement des mathématiques à un certain groupe d'élèves et par extension, elles influencent également l'apprentissage de cette discipline par ce même groupe d'élèves. (p. 230)

À cet effet, les travaux scientifiques adoptant un cadre explicatif se rapportant aux domaines de la psychologie développementale, de la neuropsychologie, ainsi que des sciences cognitives sont rattachés à la première perspective (Giroux, 2010 ; Goupil, 2007 ; Martin et Mary, 2010). Les tenants de cette perspective attribuent les difficultés d'apprentissage directement à l'élève. En fait, celles-ci paraissent intrinsèquement liées aux caractéristiques fonctionnelles et structurales de l'apprenant (Lemoyne et Lessard, 2003). En adoptant ce point de vue, l'élève est perçu comme étant un sujet pour lequel les caractéristiques personnelles peuvent être mesurées par le biais d'instruments d'évaluation standardisés. Toujours selon cette perspective, le rôle de l'enseignant consiste à aider l'élève à pallier ses difficultés par le biais d'interventions remédiatives visant à modifier ses processus cognitifs. Dans ce contexte, l'élève est placé dans la position de celui qui a besoin d'aide. Par ailleurs, certaines études montrent que les modalités d'aide mises en place ne stimulent pas toujours l'engagement mathématique et cognitif de l'élève (Martin et Mary, 2010). À ce sujet, Roiné (2009) mentionne que les difficultés en mathématiques, interprétées à l'intérieur de cette perspective, reposent sur « l'hypothèse des spécificités ». Selon cette hypothèse, les interventions des enseignants doivent être effectuées en correspondance avec la classification des catégories d'élèves telle que mise de l'avant à l'intérieur du système scolaire.

Par ailleurs, Lemoyne et Lessard (2003) précisent qu'au courant des dernières décennies, les recherches sur les difficultés d'apprentissage ayant adopté un cadre explicatif propre aux sciences cognitives ont obtenu peu de résultats empiriques. Selon ces auteurs, ce constat a conduit à une remise en question du caractère immuable des caractéristiques cognitives de l'apprenant et à l'investigation du fonctionnement de l'institution scolaire. Conséquemment, une seconde perspective explicative des difficultés d'apprentissage a émergé. …

Search by... Author
Show... All Results Primary Sources Peer-reviewed

Oops!

An unknown error has occurred. Please click the button below to reload the page. If the problem persists, please try again in a little while.