Academic journal article Canadian Journal of Behavioural Science

Attitude et Distance Sociale Des éLèves Non Handicapés a L'égard De Leurs Pairs Handicapés

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Attitude et Distance Sociale Des éLèves Non Handicapés a L'égard De Leurs Pairs Handicapés

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Les nombreuses lois et déclarations politiques concernant le handicap au cours de ces 30 dernières années montrent l'intérêt porté à la situation sociale des personnes handicapées au niveau international (Ebersold, 2009). Ces avancées législatives reposent sur une évolution conceptuelle du handicap. Celle-ci passe d'une conception médicale centrée sur l'individu, à une conception biopsychosociale tenant compte à la fois des facteurs médicaux et environnementaux (Fougeyrollas, 1997; Winance, Ville & Ravaud, 2007). Il s'agit désormais de regarder la situation de handicap dans laquelle se trouve la personne sur la base de ses capacités d'action et du contexte dans lequel elle évolue.

En France, ces évolutions législatives et conceptuelles sont également à l'oeuvre et s'inscrivent dans un projet sociétal : permettre la pleine et entière participation sociale des personnes handicapées. La loi du 11 février 20051 pour « l'égalité des droits et des chances, pour la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » constitue un texte important pour la réalisation de ce projet. En effet, en instaurant le droit à l'accessibilité aux institutions ouvertes à l'ensemble de la population et le droit de compensation des conséquences du handicap, cette loi vise le maintien des personnes handicapées dans un cadre de vie ordinaire.

Au niveau scolaire, en moins d'un siècle, la place des élèves handicapés dans le système éducatif français a évolué en trois phases. Le modèle ségrégationniste (de 1909 à 1975) a cédé sa place au modèle intégratif après la loi d'orientation en faveur des personnes handicapées de 1975, lequel tend lentement vers un modèle inclusif depuis l'application de la loi de 2005 (pour une revue, voir Gilling, 2006). Outre le fait de réaffirmer et de renforcer les droits des élèves handicapés2 déjà établis, cette loi préconise en priorité leur scolarisation en milieu ordinaire (Art. L.l 12-1). Quelle que soit la forme de cette scolarisation (collective, individuelle, à mi-temps . . .), il s'agit d'offrir une scolarité adaptée aux besoins de chaque élève tout en favorisant sa pleine participation à la vie scolaire. L'inclusion des élèves handicapés dans son sens plein implique donc à la fois leur intégration scolaire et leur intégration sociale. Pour tendre vers le premier objectif, plusieurs actions sont réalisées, notamment l'aménagement architectural des écoles ou des classes (rampe, table. . .), la mise à disposition de matériel informatique, l'élaboration d'un projet personnalisé de scolarisation (PPS) définissant les besoins éducatifs particuliers (BEP) de chaque élève handicapé, l'élaboration de formations spécialisées dans le champ du handicap pour les enseignants en poste ou en cours de formation. Concernant le second objectif, l'intégration sociale des élèves handicapés, rien n'est précisé par la loi. Celle-ci invite simplement chaque citoyen à mettre en pratique les valeurs de tolérance et de respect des différences individuelles dans le but de « vivre ensemble » (B.O.E.N. n° 21, 25 mai 1995, 95-125; B.O.E.N. n° 42, 25 novembre 1999, 99-187). Cependant, inclure physiquement des élèves handicapés dans une classe n'implique pas systématiquement leur intégration sociale. En effet, comme l'a montré Zaffran (1997), le nombre d'interactions entre élèves handicapés et non handicapés scolarisés dans une même école diminue au cours d'une année. Goffman (1975), quant à lui, soulignait déjà le fait que les élèves handicapés étaient souvent enfermés dans des relations dissymétriques puisqu'ils étaient considérés comme inférieurs aux élèves non handicapés. Par conséquent, l'intégration sociale des élèves handicapés semble se heurter à plusieurs obstacles, qu'il est nécessaire d'étudier pour améliorer leur pleine inclusion au sein des écoles. Les différents stigmates liés au handicap, notamment les croyances, les attitudes, les comportements et la distance sociale constituent des obstacles à la réalisation d'une scolarisation commune entre élèves handicapés et élèves non handicapés. …

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