Academic journal article Canadian Psychology

La Supervision Clinique Comme Catalyseur De L'intégration Des Données Probantes À la Pratique De la Psychologie : Une Revue Narrative

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La Supervision Clinique Comme Catalyseur De L'intégration Des Données Probantes À la Pratique De la Psychologie : Une Revue Narrative

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La supervision est une activité professionnelle du psychologue essentielle à la régulation de la profession, en ce qui a trait à la transmission des connaissances, à l'évaluation et à la protection du public. À mesure qu'évolue la profession de psychologue, la supervision doit traduire ces changements et favoriser l'adoption des conduites les plus efficaces. Un avènement fondamental des dernières décennies dans la pratique de la psychologie est l'approche des données probantes. Cette approche tire son origine du développement des psychothérapies basées sur des données probantes, popularisées aux États-Unis, dans les années 1990, par l'American Psychological Association (APA Presidential Task Force on Evidence-Based Practice, 2006; voir aussi Dozois et al., 2014, pour la perspective canadienne). La pratique basée sur les données probantes (PBDP), un concept plus large englobant l'intégration des meilleures démonstrations scientifiques à l'expertise clinique et aux valeurs des patients, est de plus en plus ancrée dans la formation universitaire des psychologues, dans la pratique clinique, dans la recherche et dans les politiques publiques (Dozois, 2013; Provencher & Guay, 2007). Or, ce n'est que tout récemment que le concept de la PBDP a été appliqué à la super- vision de la psychologie clinique (Milne, 2009).

D'une part, la supervision peut contribuer à l'essor de la PBDP. Le superviseur étant un modèle, une référence et un gardien de la profession, il lui incombe de favoriser l'adoption de conduites professionnelles valides et efficaces. Bien que les programmes universitaires de psychologie soutiennent fortement la PBDP (Ready & Santorelli, 2014), l'un des défis du clinicien débutant, mais aussi de ses pairs plus expérimentés, est de transposer ce contenu théorique à la réalité de la pratique clinique. La tâche paraît impossible pour certains (voir par ex., Pagoto et al., 2007), qui décrient le manque de réalisme et de pragmatisme de la matière théorique appuyant la PBDP qui est enseignée dans les cours universitaires. Conséquemment, le rôle du superviseur devient primordial : il facilite l'interface entre la théorie et la pratique clinique (en ce sens, voir Bernard & Goodyear, 2009). Le super- viseur s'avère un agent essentiel de dissémination de la PBDP. Cela s'observe à deux niveaux : 1) puisque la supervision doit se limiter aux domaines de compétence du superviseur, il est un expert-enseignant et un expert-consultant qui peut favoriser l'application de la PBDP; 2) lorsque le superviseur utilise les données probantes pour guider ses propres interventions de super- vision, il offre un modèle de pratique et permet la transmission des compétences associées à cette pratique. Ce rôle important est non seulement pédagogique, il témoigne des orientations dictées par les ordres professionnels, notamment l'Ordre des psychologues du Québec (OPQ; Desjardins, 2012), la Société canadienne de psy- chologie (Canadian Psychological Association, 2009)et l'American Psychological Association (American Psychological Association, 2006).

D'autre part, la supervision fait elle-même l'objet de travaux permettant de mesurer son efficacité et d'orienter le professi- onnel soucieux d'assurer une pratique en supervision qui té- moigne des connaissances empiriques. Que ce soit envers un stagiaire, un interne ou un collègue, la supervision est une activité professionnelle au même titre que l'évaluation ou la thérapie. En ce sens, il fait partie du rôle du psychologue de s'assurer que sa démarche est efficace et en conformité avec les données empiriques. Bien que plusieurs études se soient inté- ressées à produire - et à recenser - les données probantes sur l'efficacité de nombreuses facettes du travail réalisé par le psychologue, par exemple au chapitre de l'évaluation et du traitement, il existe très peu de travaux sur la supervision (Kilminster & Jolly, 2000; Milne, Aylott, Fitzpatrick & Ellis, 2008). Ainsi, des questions fondamentales et bien explorées dans le contexte clinique sont sans réponse empirique quand il est question de supervision. …

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