Academic journal article Canadian Psychology

Revue Conceptuelle et Empirique Du Traitement Des Expressions Faciales éMotionnelles Chez L'enfant Anxieux

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Revue Conceptuelle et Empirique Du Traitement Des Expressions Faciales éMotionnelles Chez L'enfant Anxieux

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Les troubles anxieux comptent parmi les troubles de santé mentale les plus courants chez l'enfant et l'adolescent. L'anxiété chez l'enfant se caractérise notamment par des symptômes affectifs, comportementaux et cognitifs. Parmi ces derniers, les auteurs ont mis en évidence une perturbation du traitement des informations menaçantes, qui attirent rapidement l'attention de l'enfant et affectent son fonctionnement cognitif (Bar-Haim, Lamy, Pergamin, Bakermans-Kranenburg & Van Ijzendoorn, 2007; Field & Lester, 2010; Muris & Field, 2008; Puliafico & Kendall, 2006). Il a été postulé que les biais lors du traitement d'informations émotionnelles peuvent constituer un facteur causal dans le développement ou le maintien de troubles émotionnels (Bar-Haim et al., 2007; Demenescu, Kortekaas, Den Boer & Aleman, 2010). Ces perturbations pourraient constituer un symptôme de l'anxiété en apparaissant avec elle, mais les biais pourraient également précéder le développement d'un trouble anxieux et agir comme un facteur prédisposant.

Dans ce cadre, cette recension a pour objectif d'offrir une synthèse critique de l'état de nos connaissances sur le traitement des expressions faciales émotionnelles (EFE) chez les enfants présentant un trouble anxieux ou des traits anxieux. L'intérêt pour le traitement cognitif des visages s'explique par la nature particulière de ces stimuli qui fournissent des informations importantes quant à la présence de menaces ou de récompenses potentielles dans l'environnement (Ball et al., 2012). Ainsi, une expression de joie invite au partage social alors qu'une expression de colère sur le visage de notre interlocuteur reflète une menace directe à laquelle il faut répondre. Une expression de peur indique la survenue d'une menace dans l'environnement et la nécessité de s'y préparer. Enfin, une expression de dégoût renseigne sur l'état interne de notre interlocuteur, mais cette émotion peut également s'interpréter comme un jugement interpersonnel de désapprobation physique ou morale (Hutcherson & Gross, 2011).

Ce travail a pour objectif de décrire la nature des biais attentionnels envers les EFE chez l'enfant anxieux, leur moment de survenue sur le plan cognitif et leurs corrélats neuronaux. Dans ce but, nous présenterons les résultats d'études comportementales, électrophysiologiques et neuroanatomiques menées auprès d'enfants anxieux. Finalement, nous aborderons la question de la reconnaissance des émotions chez l'enfant anxieux, avant de proposer des recommandations et suggestions pour les recherches futures.

Théories cognitives de l'anxiété de l'enfant

L'anxiété est généralement conçue comme un état adaptatif qui permet de répondre à l'apparition d'une menace dans l'environnement. Les réponses cognitives, physiologiques et comportementales provoquées par l'anxiété permettent à l'individu de faire face à la menace (Lang, Davis & Öhman, 2000). Sur un plan évolutionniste, l'orientation rapide de l'attention vers les stimulations menaçantes a évidemment une fonction adaptative qui assure la survie et l'adéquation du comportement aux stimulations environnementales. Les menaces extrêmes attirent donc l'attention chez tous les humains, mais le seuil de détection des menaces moins sévères serait plus bas chez les personnes souffrant d'anxiété (Wilson & MacLeod, 2003). Dans ce cadre, les biais attentionnels, qui indiquent une plus grande mobilisation des ressources attentionnelles envers les stimuli menaçants par rapport aux stimuli neutres, seraient une caractéristique intrinsèque de l'anxiété chez l'adulte (Bar-Haim et al., 2007).

Les auteurs se sont interrogés sur la présence de tels biais chez les enfants (Muris & Field, 2008). Une première théorie propose que les biais vers les stimuli menaçants existeraient chez tous les jeunes enfants, pour régresser avec le développement des processus d'inhibition vers l'âge de 10 ans (Kindt & Van Den Hout, 2001). Par conséquent, les biais attentionnels en lien avec les différences individuelles en anxiété émergeraient durant cette période. …

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