Academic journal article Canadian Journal of Behavioural Science

Savoir Identifier et Marquer Graphiquement Les éMotions Du Personnage D'un Récit : Rôle De L'événement Déclencheur De L'émotion

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Savoir Identifier et Marquer Graphiquement Les éMotions Du Personnage D'un Récit : Rôle De L'événement Déclencheur De L'émotion

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Les connaissances émotionnelles dont disposent les enfants peuvent être appréhendées à partir de différentes situations, sachant que ces connaissances sont de différentes natures (par ex., lexicales, comportementales) et renvoient à différentes aptitudes telles que connaître les mots désignant les émotions et savoir les utiliser de façon adaptée, connaître les expressions faciales correspondantes, déterminer l'émotion que suggère une situation donnée, ou encore marquer une émotion dans un dessin. Force est de reconnaître que chacune de ces aptitudes a pour intérêt de nous renseigner plus ou moins directement sur le développement des connaissances émotionnelles chez l'enfant.

Connaissances émotionnelles et compréhension de récits

Prenons le cas des labels correspondant aux émotions de base (joie, colère, tristesse, peur, surprise et dégoût), il est aujourd'hui clairement établi qu'ils apparaissent de manière relativement précoce dans le lexique émotionnel des enfants, certaines émotions étant spontanément désignées dès l'âge de 2 ans (voir, par ex., Wellman, Harris, Banerjee & Sinclair, 1995). La capacité à reconnaître des expressions faciales correspondant à chacune de ces émotions de base a également fait l'objet de nombreuses études (pour une synthèse, voir Gosselin, 2005). Une hiérarchie relativement stable semble émerger de ces travaux, en dépit de leur diversité méthodologique, sachant que les expressions faciales de joie, de tristesse et de colère sont reconnues plus précocement que celles de surprise, de peur et de dégoût (Gosselin, 1995; Gosselin, Roberge & Lavallée, 1995; Widen & Russell, 2003; Zuckerman & Przewuzman, 1979).

Outre ces situations de verbalisation ou de reconnaissance des expressions faciales des émotions, les situations de compréhension de récits requièrent également des enfants qu'ils utilisent leurs connaissances émotionnelles pour comprendre une histoire et se représenter mentalement les ressentis des personnages, qu'ils soient explicitement mentionnés ou seulement suggérés à travers la situation ou leurs comportements (Blanc, 2009b, 2010). Ainsi, la compréhension d'une histoire, qui fait appel aux capacités représentationnelles des enfants, constitue un cadre propice à l'étude de leurs connaissances émotionnelles. Leur compétence à identifier, à comprendre et à se représenter mentalement l'émotion du personnage d'un récit a notamment donné lieu à plusieurs études (pour une synthèse, voir Blanc, 2009a) dont l'apport majeur réside dans la mise en évidence de l'importance de ce type d'informations (c.-à.-d., l'état émotionnel du personnage) au regard de l'activité de compréhension. La raison en est simple, la dimension émotionnelle est étroitement reliée à une autre dimension qui s'avère cruciale à la compréhension du récit : la dimension causale. Tantôt introduite en réponse à la survenue d'un événement (une conséquence émotionnelle), tantôt présentée comme étant à l'origine de l'événement à venir (une cause émotionnelle), l'émotion du protagoniste s'inscrit dans la structure causale du récit et participe donc à sa compréhension (Stein & Liwag, 1997; Trabasso, Stein & Johnson, 1981; voir aussi Russell, 1990). Qu'elle soit perçue comme une conséquence ou comme une cause, l'émotion du personnage est propice à la production d'inférences. Les résultats de plusieurs études indiquent notamment que, dès l'âge préscolaire, l'enfant est capable de produire des inférences quant à l'état émotionnel du personnage du récit d'après la situation dans laquelle il se trouve (Blanc, 2014; Blanc & Navarro, 2012; Deconti & Dickerson, 1994). Autrement dit, il n'est pas rare que l'enfant mobilise ses connaissances des émotions de base pour identifier et se représenter les ressentis des personnages d'une histoire, produisant ainsi des inférences qui lui permettront de pleinement comprendre la situation évoquée. De plus, lorsque cette information est fournie explicitement, l'enfant l'utilise spontanément pour anticiper sur la suite logique de l'histoire et produire des inférences prédictives (Gouin-Décarie, Quintal, Ricard, Deneault & Morin, 2005; Stein & Levine, 1989; Stein & Trabasso, 1989). …

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