Academic journal article Canadian Review of Social Policy

Participation Des Personnes Assistées Sociales À la Mesure De Formation De la Main D'oeuvre (MFOR): Caractéristiques et Résultats De Fin De Participation

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Participation Des Personnes Assistées Sociales À la Mesure De Formation De la Main D'oeuvre (MFOR): Caractéristiques et Résultats De Fin De Participation

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Introduction

Au Québec, un ensemble de mesures actives d'aide à l'emploi ont pour objectif de favoriser l'insertion en emploi et le développement de l'employabilité des personnes exclues du marché du travail, notamment chez les individus inscrits au régime d'aide sociale. La mesure de formation de la main d'oeuvre (MFOR) représente l'une de ces mesures de soutien à l'insertion professionnelle pour aider les personnes à intégrer le marché du travail et à s'y maintenir au moyen de l'acquisition de compétences en demande sur le marché du travail. La mesure MFOR représente la plus importante mesure en termes financiers de la politique québécoise de l'emploi. Plus de 35 000 individus s'y inscrivent chaque année avec un budget de 443 990 000$ en 2009-2010. Une étude récente portant sur les tendances relatives à la participation à cette mesure entre 2005 et 2011 montre que le taux d'interruption avant-terme est relativement important, particulièrement chez les personnes admises à l'aide sociale (Provencher, Y., Beaudoin, R., Normand, L., Turcotte, D., Villeneuve, P. & Tremblay-Roy, J., 2012). Un ensemble d'analyses supplémentaires effectuées à partir des données de cette recherche permet d'examiner de plus près l'effet de certains indicateurs socio-administratifs sur la fin de participation à la mesure de formation chez cette clientèle. Cet article rend compte de nouveaux résultats obtenus en comparant les caractéristiques de la participation des personnes bénéficiaires d'aide sociale qui ont complété les activités de formation par rapport à celles qui ne les ont pas complétées. En d'autres termes, qu'est-ce contribue, parmi les indicateurs socio-administratifs disponibles dans l'étude, à expliquer les fins de participation à la mesure MFOR parmi les participants inscrits à l'aide sociale?

1. PROBLÉMATIQUE

Conformément aux réformes entreprises dans la plupart des pays industrialisés au cours des années 90, le régime québécois d'aide sociale est devenu partie prenante de la politique publique de l'emploi, dorénavant centrée, ici comme ailleurs, sur la mobilisation des ressources de main d'oeuvre, le développement des compétences face à l'emploi et le bon fonctionnement des marchés du travail (Zeitlin et Trubeck, 2003, Dhang, Outin et Zajdela, 2006). Opérationnalisé en fonction d'un principe de participation volontaire, le régime propose aux individus prestataires d'aide sociale un ensemble de mesures d'aide à l'emploi visant le développement des compétences en regard de l'insertion au marché du travail. Globalement, ces mesures font référence 1- à la préparation à l'emploi (par la mesure de préparation à l'emploi et par la mesure d'aide et d'accompagnement social), 2- à l'insertion en emploi (par les services d'aide à l'emploi et par la mesure de subvention salariale aux employeurs) et 3- à l'augmentation de l'employabilité (par la mesure de formation de la main d'oeuvre). Cette dernière mesure constitue d'ailleurs l'une des plus importantes avec 443 990 000$ investis en 2009-2010 auprès de 79 114 individus. Plus largement le fait que la majorité des mesures du régime québécois d'aide sociale soient associées à différents dispositifs de préparation, d'éducation et de formation, combiné au caractère volontaire de la participation, place ce dernier au sein des régimes du type Human Capital Development (HCD) centré sur l'élimination des barrières individuelles à l'emploi, notamment par la formation et l'obtention d'un diplôme.1

Or, si plusieurs études nous renseignent sur les retombées des programmes et mesures sur la sortie des régimes d'assistance, sur la sortie de la pauvreté ou l'attachement durable en emploi (Mitchell, 1999; Michalopoulos, Tattrie, Miller, Robins, & Morris, 2002; Morel, 2002; Klein & Long, 2003; Kerr, Frost & Bignell, 2004), elles portent généralement sur des programmes mis en application localement dans différentes juridictions et au moyen de différentes législations (Herd, Mitchell & Lightman, 2005; Bourassa et Provencher, 2005; Goyette, Belleau et Panet-Raymond, 2006). …

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