Academic journal article Canadian Journal of Behavioural Science

Activité Physique et Insatisfaction De L'image Corporelle Chez Un Groupe D'adolescentes

Academic journal article Canadian Journal of Behavioural Science

Activité Physique et Insatisfaction De L'image Corporelle Chez Un Groupe D'adolescentes

Article excerpt

L'adolescence étant associée à de nombreux changements physiques, il n'est donc pas étonnant qu'elle soit décrite comme une période où l'image corporelle se modifie et est susceptible de devenir préoccupante pour nombre d'adolescents et d'adolescentes (Abbott & Barber, 2011). Une notion largement utilisée dans le domaine de l'image corporelle est l'insatisfaction de l'image corporelle (IIC; Thompson & Van den Berg, 2002). L'IIC est définie comme l'évaluation subjective négative d'un individu par rapport à l'aspect, la forme ou la taille de son corps (ou de certaines de ses parties), mais aussi par rapport à son poids (Stice & Shaw, 2002; Wertheim, Paxton & Blaney, 2009). Elle est décrite dans les écrits scientifiques comme étant probablement la plus importante mesure de détresse liée à l'image corporelle (Thompson, Heinberg, Altabe & Tantleff-Dunn, 1999).

C'est à l'adolescence que les différences d'IIC entre les genres deviennent plus apparentes : les filles en rapporteraient davantage que les garçons (Knauss, Paxton & Alsaker, 2007; White & Halliwell, 2010). Une étude canadienne (Boyce, Doherty, Fortin & Mackinnon, 2003), questionnant les jeunes sur ce qu'ils pensent de leur apparence physique, souligne que seulement 43 % des filles du secondaire 1, 31 % des filles de secondaire 3, et 33 % des filles de secondaire 5 expriment être satisfaites de leur apparence, c'està-dire qu'elles se trouvent plutôt belles ou très belles. De plus, la même étude indique qu'une plus grande proportion de filles que de garçons exprime le désir de changer son apparence. En effet, le tiers (34 %) des garçons de secondaires 1, 3 et 5 signalent ce désir, alors que les pourcentages chez les filles sont plus élevés et varient selon le niveau scolaire : 41 % (secondaire 1), 48 % (secondaire 3) et 43 % (secondaire 5) expriment souhaiter changer leur apparence. Qui plus est, une récente enquête québécoise a révélé que 48,8 % des adolescentes rapportent être insatisfaites de leur image corporelle (Institut de la statistique du Québec [ISQ], 2012).

La théorie de la socialisation culturelle postule que c'est l'internalisation des pressions environnementales grandissantes exercées sur les filles et les femmes occidentales pour qu'elles atteignent un idéal de beauté très mince qui explique le développement de l'IIC chez celles-ci (Thompson et al., 1999). Le désir obsessionnel de minceur et l'insatisfaction de l'image corporelle peuvent alors conduire les adolescentes à utiliser des méthodes de contrôle de poids (par ex., les régimes) pour atteindre l'idéal sociétal proposé et perçu (Stice & Shaw, 2002; Wertheim et al., 2009). La situation est inquiétante puisque la valorisation de ces méthodes par l'environnement (par ex., l'entourage, les médias) et la perte de poids qui en résulte sont associées à une augmentation du risque de développer un trouble alimentaire, tel que l'anorexie et la boulimie (Stice & Shaw, 2002; Wertheim et al., 2009). De plus, certaines études suggèrent que la présence de l'IIC est corrélée à un risque plus élevé de développer une dépression (Stice & Bearman, 2001) et un trouble de dysmorphophobie corporelle (Pruzinsky & Cash, 2002). Considérant la diversité des problématiques associées à l'IIC, il semble primordial d'accroître la recherche sur les variables susceptibles de l'influencer (Choate, 2007).

La promotion de l'activité physique (AP) est un exemple d'action suggérée pour favoriser l'amélioration de divers aspects associés à la santé psychologique, tel que l'estime de soi et l'humeur (Mental Health Foundation, 2013). L'activité physique regroupe autant les tâches ménagères, les activités pratiquées au travail, le conditionnement physique que les sports en général (Caspersen, Powell & Christenson, 1985). Des données canadiennes récentes soulignent qu'à tout âge, il est possible d'améliorer son état de santé en augmentant notamment la durée d'activités physiques (Janssen & Leblanc, 2010; Société canadienne de physiologie de l'exercice [SCPE] & ParticipACTION, 2010). …

Search by... Author
Show... All Results Primary Sources Peer-reviewed

Oops!

An unknown error has occurred. Please click the button below to reload the page. If the problem persists, please try again in a little while.