Academic journal article Canadian Journal of Behavioural Science

Facteurs Maternels Associés Au Cycle Intergénérationnel De la Victimisation Sexuelle Dans L'enfance Parmi Des Femmes De la Population Générale

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Facteurs Maternels Associés Au Cycle Intergénérationnel De la Victimisation Sexuelle Dans L'enfance Parmi Des Femmes De la Population Générale

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Les données actuelles indiquent qu'un passé d'ASE chez une mère serait un facteur augmentant les risques que son enfant en soit aussi victime, suggérant l'existence d'un cycle de victimisation sexuelle a travers les générations. Considérant que près d'une femme sur cinq dans la population générale rapporte une agression sexuelle avant l'âge de 18 ans (Séguin, Tourigny & Joly, 2012; Stoltenborgh, Van Ijzendoorn, Euser & Bakermans-Kranenburg, 2011; Tourigny, Hébert, Joly, Cyr & Baril, 2008), il s'avère pertinent de déterminer si des facteurs maternels sont associés a une continuité intergénérationnelle de la victimisation sexuelle dans l'enfance, ce que peu d'études ont fait a ce jour.

Un certain nombre d'études ont conclu que le passé d'ASE d'une mère serait l'un des facteurs qui augmentent le plus la probabilité que son enfant en soit aussi victime (par ex., McCloskey & Bailey, 2000; Testa, Hoffman & Livingston, 2011). Notamment, McCloskey et Bailey (2000) ont montré dans leur étude que, parmi différents facteurs sociodémographiques et familiaux, un passé d'ASE chez les mères s'avérait un des prédicteurs indépendants de l'agression sexuelle de leur fille âgée entre 6 et 12 ans, augmentant de 3,6 fois la probabilité qu'elle rapporte avoir vécu une agression sexuelle. De plus, dans différentes études effectuées auprès d'enfants victimes d'agression sexuelle recevant des services, entre 34 % et 74 % des mères de ces enfants affirmaient avoir également été agressées sexuellement a l'enfance (HiebertMurphy, 1998; McCloskey & Bailey, 2000; Oates, Tebbutt, Swanston, Lynch & O'Toole, 1998), alors que la prévalence de l'ASE chez les femmes de la population générale est estimée entre 20 % et 25 % (Stoltenborgh et al., 2011).

Ces données permettent d'avancer que les mères ayant un passé d'ASE sont plus susceptibles d'avoir un enfant qui a été agressé sexuellement, sans toutefois pouvoir comprendre les mécanismes de cette continuité intergénérationnelle. À notre connaissance, un seul modèle explicatif a été proposé a ce jour afin de mieux comprendre les facteurs qui pourraient être impliqués spécifiquement dans le cycle intergénérationnel de la victimisation sexuelle des enfants, soit lorsque a la fois une mère et son enfant ont été victimes d'au moins un épisode d'agression sexuelle avant l'âge de 18 ans. Ainsi, les connaissances sur les conséquences a long terme de l'ASE et celles sur les facteurs de risque de victimisation sexuelle chez les enfants ont permis à Baril et Tourigny (2015) de proposer un modèle explicatif de ce phénomène. Selon ce modèle, basé sur la théorie du trauma, l'expérience traumatique d'une mère ayant été victime d'ASE, laquelle inclut souvent d'autres formes de mauvais traitements et d'adversité familiale, risque d'entraîner un ensemble de conséquences négatives a l'âge adulte. Ces conséquences a long terme chez le parent sont susceptibles de créer un environnement néfaste pour l'enfant avec plus de facteurs de risques familiaux connus comme entraînant une augmentation du risque de victimisation sexuelle des enfants. Ces difficultés incluent des symptômes de l'ÉSPT, des troubles de l'humeur (dépression, dysthymie), de l'anxiété, des problèmes de dépendance ou d'abus de substances, ainsi que des comportements suicidaires et automutilatoires (Chen et al., 2010; Cutajar et al., 2010; Hillberg, Hamilton-Giachristsis & Dixon, 2011; Maniglio, 2010; Maniglio, 2011; Maniglio, 2013). En ce qui concerne leur vie conjugale, les survivantes d'ASE rapporteraient plus de difficultés, incluant un plus grand risque de vivre de la violence physique de la part de leur conjoint (Friesen, Woodward, Horwood & Fergusson, 2010; Trickett, Noll & Putnam, 2011).

Très peu d'études se sont intéressées a la détermination des facteurs qui semblent davantage présents parmi les mères impliquées dans un cycle intergénérationnel de victimisation sexuelle dans l'enfance, comparativement aux mères survivantes d'ASE dont l'enfant n'en sera pas victime. …

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