Academic journal article Canadian Review of Social Policy

L'engagement Politique et Militant De la Coalition Pour L'équité Salariale : Analyse De la Lutte De Reconnaissance Des Emplois De Proximité Occupés Par Les Femmes Au Nouveau-Brunswick

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L'engagement Politique et Militant De la Coalition Pour L'équité Salariale : Analyse De la Lutte De Reconnaissance Des Emplois De Proximité Occupés Par Les Femmes Au Nouveau-Brunswick

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Introduction

L'article propose une analyse de l'engagement politique et militant de la Coalition pour l'équité salariale au Nouveau-Brunswick. Il vise ainsi à comprendre comment la lutte menée par la Coalition favorise ou non une reconnaissance de l'équité salariale comme une question de justice sociale pour les femmes de cette province. De plus, il cherche à saisir si l'engagement social des femmes est reconnu ou invisibilisé dans les espaces sociaux les plus investis par celles-ci, dont ceux relatifs aux emplois de proximité. Il s'agit de cerner l'émergence de la lutte pour l'équité salariale au N.-B. pour ensuite définir la notion d'engagement social. Une critique féministe de ce phénomène est proposée pour comprendre la manière dont le genre définit les espaces d'engagement de femmes. Ces premières analyses théoriques permettront de comprendre que l'engagement des femmes est marqué par une responsabilité envers les autres favorisant le maintien du lien social et la défense des valeurs de justice sociale. C'est dans ce sens que l'engagement de proximité constitue une des formes d'engagement la plus investie par les femmes et celle qui semble le moins reconnue socialement. Pourtant, elles sont ainsi devenues « au cours des siècles, des expertes dans la conception, l'organisation et la production d'activités offrant une réponse immédiate et anticipée aux différents besoins humains, sociaux et culturels de leurs familles et de leurs communautés » (Belleau, 1997, cité dans Toupin, 2001 : 23). Les femmes dans l'histoire et par leurs actions philanthropiques se sont engagées dans la défense des causes sociales. Ainsi, elles ont contribué au développement des politiques sociales au Canada (Cohen, 2010). Comment se fait-il dans ce contexte que les femmes doivent encore lutter pour rendre visible leur engagement social dans le travail de proximité qu'elles effectuent? Donc, pour comprendre comment le processus d'invisibilité et la lutte de reconnaissance se posent, nous proposons d'analyser les discours de la presse néobrunswickoise anglophone et francophone. Cette démarche d'analyse permet d'une part de saisir la lutte militante de la Coalition et ses effets dans l'espace social et politique. D'autre part, elle met en lumière les acteurs sociaux, leurs discours et leurs positions dans cette lutte de reconnaissance.

L'émergence de la lutte pour l'équité salariale au Nouveau-Brunswick

L'histoire du mouvement des femmes de cette province et particulièrement chez les francophones est très peu écrite, elle reste même à faire selon Leblanc-Rainville (2012). Certaines auteures (Leblanc-Rainville, 2012, Lanteigne & Savoie, 2010, Gaudet et Lapointe, 2004) s'entendent toutefois pour dire que la mise en place en 1967 de la Commission Bird par le gouvernement canadien interrogeant la situation de la femme au sein de la Fédération canadienne constitue le premier « éveil féministe » au N.-B. Les femmes francophones de la région de Moncton se sont mobilisées pour produire un mémoire concernant leur situation dans cette province. Elles sont allées interroger certaines d'entre elles afin de mieux saisir leur condition de vie quotidienne. Le premier constat qui ressort de leur mémoire est celui de la question du travail et de l'iniquité salariale. À l'époque « peu de femmes avaient un revenu personnel » et celles qui en recevaient n'obtenaient pas le même salaire que les hommes (Leblanc-Rainville, 2012 : 121). Parmi les recommandations émises dans le mémoire présenté à la Comission Bird, la lutte pour l'équité salariale, c'est-à-dire un salaire égal pour un travail de valeur égal, était fort importante pour ces femmes. C'est en 1989 que le premier ministre de l'époque, Frank McKenna, fit adopter la première Loi sur l'équité salariale dans la fonction publique (Leblanc-Rainville, 2012), cette loi vise toutefois qu'une partie des employées, c'est-à-dire les fonctionnaires des ministères.1 Pour le gouvernement de l'époque, il s'agissait d'une première phase de l'implantation de l'équité salariale dans la fonction publique. …

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