Academic journal article Studia Politica; Romanian Political Science Review

Identités Publiques et Modèles Démocratiques. Regard Sur la Constitution Des Modernités Politiques Au Sud-Est Européen (XIXe siècle)

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Identités Publiques et Modèles Démocratiques. Regard Sur la Constitution Des Modernités Politiques Au Sud-Est Européen (XIXe siècle)

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L'identité européenne se construit, hier comme aujourd'hui, autour de deux types de clivages engendrées à la veille du XIXe siècle : il s'agit de la fraternité et du conflit. Les interprétations et les lectures de ces deux grands thèmes de la modernité démocratique donnent, à chaque fois, l'image d'une époque. Pour l'Europe centrale et orientale, le problème se pose dans ces termes à partir du début du XIXe siècle, quand l'entrée en scène des nouveaux modes d'expression politique de la démocratie provoque des changements de paradigme surtout entre la première et la deuxième génération politique. L'agrégation civique, la lecture du politique à travers un troisième agent - la société civile -, l'incarnation du conflit dans des thématiques parfois ambivalentes, traduites soit par le concept de tolérance (souvent accompagné par un regard autocritique), soit par l'antagonisme (de classe, de race, religieux, de civilisation d'une manière plus générique) se retrouvent à l'origine de la création des systèmes politiques modernes.

La tolérance - concept forgé déjà a partir du XVIe siècle - forme un premier pilier : « La capacité de se douter de soi-même, de renoncer - certes, dans le contexte d'une forte résistance - à l'autosuffisance et auto contentement représente l'essence même du développement de l'Europe en tant que force spirituelle »', délivrée des contraintes de l'ethnocentrisme et, d'une certaine manière, des complexes de supériorité, mais dominée aussi par ce besoin d'affirmer et de définir les valeurs culturelles uniques qui forment sa puissance authentique.

Les antagonismes peuvent être retracés dans un grand courant qui est celui du radicalisme, forgé notamment par les Lumières et par la Révolution intellectuelle (Revolution of the Mind) qui se produit au XVIIIe siècle. Selon certaines interprétations2, Le Nouveau Régime repose en grande partie sur le philosophisme des Lumières, contrairement aux théories qui veulent accréditer l'idée d'une base plutôt actioniste du changement. Les Lumières se placent parmi les plus puissantes expressions du pouvoir intellectuel - comme jamais peut-être dans l'histoire, une transformation de paradigme a, à son origine le, philosophisme. Cette influence était largement reconnue, dans l'admiration la plus enthousiaste ou, au contraire, dans la réprobation la plus sévère, par la première génération de penseurs politiques au XIXe siècle, qui parlaient de l'expérience post-traumatique de la société française en termes de déconstruction des racines philosophiques du Nouveau Régime :

« Yet if very few grasped or engaged intellectually with the core ideas in question this did not alter the fact that fundamentally new ideas had shaped, nurtured, and propagated the newly insurgent popular rhetoric used in speeches and newspapers to arouse the people against tradition and authority »3.

La perception générale de la réalité révolutionnaire a changé surtout dans la seconde moitié du XIXe siècle. L'introduction de la notion de lutte de classes par exemple a lentement effacé le rôle de la révolution de la pensée, en soulevant l'objection devenu lieu commun: la majorité agissante, dit-on, ne savait presque rien de ces livres et ne s'en souciait pas4. Au niveau de la rationalité agissante et positiviste de la seconde moitié du XIXe siècle ceci est plausible même si la période en question subit une transformation symétrique en termes d'influence de la pensée sur l'action : l'influence décisive du scientisme sur les conceptions déterministes et positivistes des systèmes politiques clos est parfaitement visible. La conservation de l'énergie sociale et des mécanismes de transformation dans la dynamique politique subirait les mêmes contraintes que la conservation de l'énergie (Helmholtz, 1847) ou les lois de la thermodynamique5.

La première moitié du siècle se construit néanmoins dans une réaction, assumée ou non, devant l'héritage du philosophisme en général et de son versant radical, particulièrement :

« It was philosophers who were chiefly responsible for propagating the concepts of toleration, equality, democracy, republicanism, individual freedom, and liberty of expression and the press, the batch of ideas identified as the principal cause of the near overthrow of authority, tradition, monarchy, faith, and privilege. …

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