Academic journal article McGill Journal of Education (Online)

Mieux Vaut ÊTre Riche et Intelligent Que Pauvre et Malade. Quelle Injustice !

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Mieux Vaut ÊTre Riche et Intelligent Que Pauvre et Malade. Quelle Injustice !

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A PROPOS DE THE BELL CURVE

Le premier chapitre du livre de Barnes (2016) est essentiellement consacré a la critique de l'ouvrage de Herrnstein et Murray (1994), The Bell Curve: Intelligence and Class Structure in American Life, un ouvrage de 845 pages.1 Barnes avoue en toute honnéteté qu'il en a lu environ 450 dont les deux derniers chapitres. Les critiques de Bell Curve ont inondé la presse a sa sortie. Or, sauf erreur, aucun des commentaires n'a signalé les 110 pages comprenant sept annexes qui présentent, entre autres elements, les analyses statistiques des auteurs, une lecture propre a déjouer les critiques d'ordre idéologique. Méme si certains propos de Barnes sur les effets pervers de la méritocratie sont pertinents, ils tombent eux aussi dans un panneau idéologique. Visiblement, le nouveau visage de la méritocratie ne convient guére a Barnes.

Jusqu'au milieu du 20e siécle, le fait d'appartenir a une famille bien nantie augmentait les probabilités d'occuper un poste avantageux sur les plans social, politique et économique. Depuis, un changement majeur s'est opéré : les postes les plus prestigieux et les plus complexes sont occupés par ceux qui, indépendamment de leur origine sociale, possédent les meilleures compétences intellectuelles, d'oú l'émergence de classes cognitives. Autrement dit, du moins en Amérique du Nord, la stratification sociale repose de plus en plus sur des compétences cognitives et de moins en moins sur le statut socioéconomique (SSE) des parents. En d'autres mots, on est passé des classes sociales aux classes cognitives (Strenze, 2015).

Dans le cadre d'une méta-analyse, Strenze (2007) a vérifié la relation entre trois variables du succés économique (le niveau scolaire, la nature de l'occupation et les résultats scolaires). Les résultats montrent que l'intelligence mesurée avant la fin des études constitue le meilleur prédicteur du succés professionnel selon les mesures obtenues 12 ans plus tard. Le statut social des parents (SSE) et les résultats scolaires jouent également un rôle, mais la mesure de ces variables contredit l'idée selon laquelle l'intelligence et le succés professionnel est essentiellement dû a ces deux variables.

L'élite cognitive est également favorisée par un autre phénoméne qui s'accentue au fil des ans : l'homogamie éducationnelle. Autrement dit, avoir le méme niveau d'études devient un critére dans le choix du conjoint (Muller, 2013). En effet, l'arrivée massive des femmes dans les universités permet aux individus qui ont sensiblement les mémes compétences cognitives de se côtoyer, ce qui augmente les probabilités qu'ils se choisissent pour fonder une famille. Dans leur étude sur le phénoméne d'homogamie éducationnelle, Hou et Myles (2007) ont d'ailleurs observé qu'entre 1971 et 2001, le pourcentage des couples de moins de 35 ans possédant le méme niveau d'études est passé de 48,8 % a 54,0 % (p. 5).

Cet état de fait entraîne deux conséquences au plan social. D'abord, l'homogamie a continuée a creuser l'écart entre les riches et les pauvres, lequel n'a cessé de s'accentuer au cours des 25 derniéres années (Michaels, 2009). Puis, aux États-Unis, la méritocratie implique que la société, y inclus le monde scolaire et les pratiques éducatives parentales, fonctionne sur le principe du mérite. Pour réussir au plan scolaire et, par la suite, au plan professionnel, il suffit d'étre intelligent et de faire les efforts nécessaires, un point de vue qui passe cependant sous silence l'interaction génes / environnement.

CONTRAIREMENT Ä LA RUMEUR URBAINE, LES TESTS DE QI NE SONT PAS BIAISÉS CULTURELLEMENT

Peu de concepts soulevent autant de controverses et de reactions explosives que ceux d'appartenance ethnique et d'intelligence. Au cours de la premiere moitié du 20e siecle, la large diffusion des tests d'aptitudes intellectuelles (QI) a quand méme permis de constater l'ampleur des differences individuelles dans les populations évaluées. Méme en excluant les cas extremes, plus de 100 points de QI séparent les individus les moins intelligents des plus intelligents. …

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