Magazine article Journal of Film Preservation

SACHA : Un Scanner Spécifique Pour Les Films Anciens Aux Archives Françaises Du Film

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SACHA : Un Scanner Spécifique Pour Les Films Anciens Aux Archives Françaises Du Film

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Des télécinémas difficilement adaptables aux films anciens

Avec des vitesses d'analyse de 6 images par seconde en définition 2K, les scanners d'aujourd'hui sont économiquement et techniquement viables pour des films de formats standards et en bon état. Malheureusement les rayures profondes, fréquentes sur les films anciens, ne sont pas éliminées par les systèmes à lumière diffuse (sphère d'intégration) qui équipent certains de ces matériels. Quant aux systèmes anti-scratches « wetgate », s'ils sont adaptés aux films en bon état, ils posent des problèmes dès que le film présente des sur-épaisseurs dues aux réparations de perforations, de collures ou des déformations du support. De plus le scan s'avère impossible pour les formats spéciaux qui ne peuvent être chargés sur ces machines.

C'est pour répondre à ces problèmes que les AFF ont lancé en collaboration avec la société Shamrock(1) l'étude et la réalisation du prototype SACHA, scanner spécifique pour les films anciens.

Le scan par immersion, image par image

La restauration numérique automatique utilise comme références les images immédiatement avant et après l'image à restaurer. Par exemple, la détection d'une poussière sera confirmée si l'image précédente et l'image suivante ne contiennent pas dans la même zone un objet similaire en forme et en densité. Par contre, la détection des rayures, avec leurs spécificités verticales, est beaucoup plus délicate puisque dans la plupart des cas présentes sur les images voisines. De plus la composition des images comporte de nombreuses lignes verticales et le discernement entre les lignes verticales d'un papier peint et les rayures recherchées est difficile. Afin de limiter la quantité de rayures à traiter ultérieurement en numérique le scan doit impérativement être équipé du seul système d'élimination des rayures réellement efficace : l'immersion dans un produit ayant le même indice de réfraction que le support du film.

Cette immersion ne doit pas provoquer de pincements, les systèmes « wetgate » sont donc exclus. La seule alternative est l'immersion en cuve.

Le transport parfaitement linéaire de films au support déformé est très aléatoire, nous avons donc opté pour un scan image par image, le film étant pressé par l'intermédiaire d'un batteur dans la cuve d'immersion, entre deux lames de verre pour forcer sa planéité.

Le coût élevé des produits de substitution du perchloréthylène a conduit à concevoir un système capable de fonctionner avec une quantité minimum de liquide. Le chargement et le déchargement du film s'effectue à sec. L'ouverture de la cuve d'immersion, autorisée par un voyant indicateur, est effectuée après un cycle automatique incluant la vidange complète et la ventilation de la cuve. A cet effet un système d'aspiration d'air est inséré dans le couvercle de la cuve. Pour sécher le film, un essoreur, positionné en sortie de cuve, précède une boîte de séchage.

Entraînement du film par cabestan et positionnement par reconnaissance de formes

La variété des perforations, et même sur certains formats leur absence, nous a conduit à concevoir un système de transport s'en affranchissant. Un cabestan, couplé à un logiciel de reconnaissance de formes gère l'avance du film image par image. Cette avance est calculée à partir d'un point d'intérêt détecté par le logiciel. En fonction du format scanné, une base de données oriente la recherche sur un critère spécifique : une inter-image, une perforation ou un point d'intérêt que le logiciel définira automatiquement. Une fois le point d'intérêt repéré, l'avance du film est pilotée pour une progression d'une hauteur théorique de l'image concernée.

Le système de transport est étudié pour permettre le chargement et le transport des films abîmés sans que ceux-ci nécessitent des réparations. Ces films non réparés peuvent être particulièrement fragiles, le transport doit donc être très souple. La vitesse de rotation du cabestan, positionné dans l'armoire de séchage, est progressive. …

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