Magazine article Journal of Film Preservation

Cinéma Retrouvé À Bologne

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Cinéma Retrouvé À Bologne

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Les trois sections proposées à la fin de l'année dernière par les organisateurs de «i! Cinema Ritrovato» (Bologna, 22-29 novembre 1992) étaient d'un grand intérêt. Les découvertes les plus passionnantes le furent dans la section «Retrouvés et Restaurés». Dans ce bref compte-rendu, il ne saurait être question d'examiner tous les films projetés. Je me permettrai d'en citer brièvement quelques uns et, en particulier dans cette section. Sumurun (1920) de Ernst Lubitsch est une remarquable reconstitution d'un Orient de fantaisie, traité comme une comédie-ballet, très probablement comme la pantomime dont le film est tiré. D'ailleurs, la remarquable composition pour quintette écrite par Alijoscha Zimmerman était inspirée par des thèmes tirés de la pantomime. La copie présentée était la plus complète à ce jour grâce à la George Eastman House et au travail de restauration de Enno Patalas.

La très belle partition de Gabriel Thibaudeau exécutée par l'Orchestre du Conservatoire de Bologne agrémenta encore plus la vision de la remarquable copie complète de The Phantom of the Opera (1925) également restaurée par la George Eastman House! L'accueil chaleureux d'une salle comble dans un grand théâtre de la ville démontra si tant est que cela soit nécessaire que les grandes oeuvres de l'époque du muet, accompagnées par une bonne partition, peuvent être appréciées à leur juste valeur. L'accompagnement musical d'ailleurs a été pour beaucoup et particulièrement cette année, il me semble, dans la réception des bandes projetées. La squadra dirigeante de Bologne a fait sur ce plan aussi un gros effort dont il faut les remercier.

Deux autres moments de ce Vlème Festival sont aussi à signaler. La soirée napolitaine où le trio Cantoediscanto dirigé par Guido Soto qui accompagnait un documentaire, Napoli et la comédie Ii Miracolo (1920) fit beaucoup pour le succès de la soirée malgré le peu d'intérêt de ce Miracolo. Puis la tentative sympathique de la musicologue Gillian Andersen qui voulut recréer un spectacle total - film, lanterne magique (ici remplacée par des projections de photogrammes tirés du film), paroles, chant et musique. Elle utilisa pour ce faire une bande Edison de 1904, Parsifal.

Les deux autres sections furent également très suivies mais, à mon humble avis partiellement réussies. Il était en effet très ambitieux de vouloir nous remettre dans la peau d'un spectateur à l'orée des années 30 lorsque le parlant faisait son apparition et pour lequel cette merveille de voir et d'entendre leur semblait quelque peu miraculeux. Mais comment peut réagir un spectateur d'aujourd'hui habitué à soixante années de sonore, même s'il est archiviste, historien ou cinéphile à la projection de ces bandes du début accueillies avec stupéfaction et admiration par le public et les critiques de l'époque?

Le cas de «Atlantic» (1929) de Dupont me semble symptomatique de cette perception. Ce qui nous a paru désuet, mal fait, était pour les spectateurs de 1930 criant de venté.

Le «Cinéma des Dictateurs» est une belle idée mais à laquelle il faudrait dédier un Festival entier. Le corpus réuni à Bologne malgré le grand intérêt lié à la découverte ou redécouverte d'oeuvres comme Camicia nera (1933), Campa di maggio (1935) ou encore Triumph des Willens (1935), Kliatva (1946) ou d'autres documents n'était pas, à mon sens, suffisamment important pour approfondir notre connaissance de ce cinéma politique. …

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