Magazine article Journal of Film Preservation

Farrokh Gaffary (1922-2006)

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Farrokh Gaffary (1922-2006)

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Farrokh Gaffary naît Ie 26 février 1922 à Téhéran dans une famille de diplomates et d'artistes. Il a 11 ans quand, en 1933, son père est nommé ambassadeur d'Iran en Belgique. Le jeune Farrokh fait ses études secondaires à Bruxelles, puis universitaires à la faculté de droit de Fribourg et à partir de mai 1941 à Grenoble. C'est à cette époque qu'il fait connaissance avecdes artistes parisiens réfugiés en zone libre qui lui font découvrir le théâtre et les courants de gauche. À Grenoble, il joue dans des pièces d'avant-garde. Au lendemain de la Libération, il arrive à Paris et se produit à la Comédie des Champs-Elysées. Il fréquente en même temps la Cinémathèque française et rencontre Henri Langlois avec qui il entame une longue et solide amitié. C'est aussi à la Cinémathèque qu'il se lie d'amitié avec Ado Kyrou qui l'introduit dans les milieux surréalistes. Il publie alors des critiques dans les revues et magazines de cinéma dont Positif.

En 1949, Langlois encourage Gaffary à créer une cinémathèque en Iran. Il rentre en Iran et avec l'aide de quelques amis fonde la Cinémathèque iranienne (Kanoun-é Melli Film-é Iran) qui commence ses projections publiques en décembre 1949. Gaffary trouve des copies dans les centres culturels des ambassades des pays européens et aussi chez certains marchands arméniens. Il organise des projections-débats et fait connaître les différents courants cinématographiques aux jeunes cinéphiles iraniens, contribuant ainsi à la création d'un certain « cinéma différent » en Iran, dont il est le précurseur avec Ebrahim Golestan et Fereydoun Rahnéma.

En 1952, Henri Langlois propose à Gaffary de l'accompagner au congrès annuel de la FIAF à Rome. Lors de ce congrès, Langlois annonce la création de la Cinémathèque iranienne et son affiliation à la FIAF et présente Gaffary aux membres. Dans l'enthousiasme général, Gaffary est désigné comme secrétaire exécutif de la FIAF, poste qu'il occupera jusqu'en 1955. Dans son bureau de Paris, à la Cinémathèque française, il répond aux lettres des nouveaux membres de la FIAF: renseignements sur l'organisation du prochain congrès, questions plus générales concernant les difficultés rencontrées dans leurs propres pays, etc. À cette époque, Farrok Gaffary participe à quatre congrès de la FIAF : Rome, Amsterdam, Vence et Lausanne.

En 1956, il retourne en Iran pour réaliser un vieux rêve : faire des films. Il fonde sa propre société de production « Studio Iran-Nema » et réalise en 1958 Le Sud de la ville Jonub-e shahr),à la manière du cinéma néoréaliste italien montrant la réalité de la vie des habitants des quartiers pauvres du sud de Téhéran, à travers l'histoire de la rivalité de deux voyous généreux du marché des fruits et légumes. Après 5 jours d'exploitation, le film est interdit par les autorités de l'époque et toutes les copies (et même le négatif) sont confisquées. Quelques années plus tard, Gaffary remontera, à partir des chutes du film, une version très différente Rivalité dans la ville / Réqâbat dar shahr) sans mettre son nom au générique.

L'année suivante, pour combler ses déficits économiques, il réalise une comédie loufoque Quelle est la mariée ? Arous kodom-e ?). Mais pour son troisième film, il choisit une libre adaptation d'un conte des Mille et Une Nuit La Nuit du bossu (Shab-e quzi, 1964). Influencé par le film d'Alfred Hitchcock The Trouble with Harry, le film raconte l'histoire d'un pauvre bossu, comédien de théâtre populaire qui s'étouffe en mangeant ce que ses camarades plaisantins lui font avaler. Ces derniers cherchent à se débarrasser du cadavre en passant par plusieurs endroits louches pour nous faire découvrir les différentes couches de la société iranienne et son lot de tricherie et d'hypocrisie. Ce film présente l'Iran dans plusieurs festivals internationaux dont Cannes 1964 (Semaine de la critique).

En 1958, l'Organisation des Beaux-Arts - plus tard, le Ministère iranien de la Culture et des Arts - accorde sa tutelle à la Cinémathèque d'Iran et jusqu'en 1978 (année de la révolution islamique) Gaffary y organise des séances régulières et des cycles de cinémas nationaux. …

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