Magazine article Journal of Film Preservation

Cinémathèques À L'italienne

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Cinémathèques À L'italienne

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Cinématheques à l'italienne

Jeune chercheuse en études cinématographiques, agrégée d'italien et diplômée de l'Université de Paris I, Marie Frappat s'est donnée pour mission de comprendre comment cinq cinémathèques italiennes membres de la FIAF envisagent leur mission de conservation et de diffusion cinématographiques et comment elles font face à l'apparente contradiction entre ces deux mandats. Selon l'auteure, les Cineteca Italiana (Milan), Museo Nazionale del Cinema (Turin), Cineteca Nazionale (Rome), Cineteca del Comune di Bologna (Bologne) et Cineteca del Friuli (Gemona) sont certainement les plus dynamiques et les plus représentatives pour les questions qui l'intéressent.

L'ouvrage, préfacé par l'historien bien connu du cinéma italien Jean A. Gili, se divise en deux parties : l'étude proprement dite (157 pages) et une substantielle annexe constituée d'entretiens avec des acteurs clés du milieu des archives italiennes (Luisa Comencini, Matteo Pavesi, Donata Pesenti Campagnoni, Loris Lepri, Caterina D'Amico, Mario Musumeci, Mario Militello et Livio Jacob) qui répondent en détail et avec pertinence aux questions de l'auteure concernant l'histoire, les mandats et les activités de leurs cinémathèques respectives. Certains éléments de leurs réponses se retrouvent dans le corps du texte. Mentionnons également la présence d'une bibliographie générale et spécialisée où l'on se rend rapidement compte qu'en dehors de la langue italienne, il n'existe à peu près rien de substantiel sur les cinémathèques en Italie et ses artisans, excepté Le Dragon et l'alouette, édition de la correspondance entre Maria Adriana Prolo et Henri Langlois. Frappat fait donc ?uvre pionnière et utile en langue française.

Pour bien établir son propos, celle-ci commence par rappeler l'histoire des cinq institutions qui font l'objet du livre. Chacune a la sienne, tout comme chacune possède une identité et un mandat spécifiques. Mais ce rappel sert à l'auteure à introduire un questionnement plus général sur les finalités des cinémathèques aujourd'hui et sur la dyade conserver / diffuser, d'où les deux chapitres clés de son livre (qui en compte trois) : «Conserver pour l'étude et pour l'histoire » et « Pour la diffusion de la culture». Précisons que même si elle aborde la documentation sur les films (dans le cadre des bibliothèques spécialisées en cinéma) et les collections qui leur sont afférentes (que certains s'entêtent à nommer, à l'anglaise et dans une négation qui pourrait renvoyer à des collections qui n'ont rien à voir avec le cinéma, « non-film »), l'auteure s'en tient surtout au film-même.

Après avoir constaté le déclin de la consultation de la pellicule ellemême au profit de sa version numérisée, elle fait remarquer que les collections des cinémathèques sont loin d'avoir été toutes visionnées et qu'il y a là matière à de nouvelles découvertes ou à des renouvellements de perspective. En ce sens, les cinémathèques peuvent aider à aller à l'encontre des idées reçues, pas seulement au plan esthétique mais aussi sur celui de l'histoire culturelle. Frappat s'arrête aussi aux politiques d'acquisition des cinémathèques, qu'elles soient sélectives, patrimoniales ou globales. Elle rappelle au passage les carences qui ont marqué l'histoire de certaines archives, notamment au plan de l'inventaire et du catalogage. Il est dommage toutefois que pour ce qui est de la documentation et des fonds d'archives documentaires, l'auteure recense des initiatives italiennes sans indiquer si celles-ci s'inscrivent dans les efforts de la FIAF pour normaliser les vedettes matières ou favoriser la mise en commun du catalogage des périodiques. En fait, règle générale, elle ne précise pas l'inscription effective des cinémathèques italiennes dans le réseau international des archives du film et leur apport mutuel. Elle effleure au passage les questions de la restauration et des publications mais on peut regretter, surtout dans le premier cas, qu'elle en demeure à des considérations générales. …

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