Magazine article Journal of Film Preservation

Classiques Coréens

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Classiques Coréens

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La Korean Film Archive, ou KOFA, est une organisation dépendant du Ministère de la Culture et du Tourisme Coréen fondée en 1974 qui collecte, préserve et valorise les films et la documentation qui s'y rapporte dans un cadre de la promotion artistique, historique et pédagogique du patrimoine cinématographique coréen. Elle a rejoint la FIAF en 1985 en tant qu'observateur, puis comme membre en 1990 et a organisé à Séoul le congrès en 2002. Depuis 1991, la Korean Film Archive a ouvert une bibliothèque, publie des livres, numérise ses fonds et édite désormais une collection de DVD afin de promouvoir ses collections.

Trois films postérieurs à la guerre de Corée (1950-1953) viennent d'être édités en DVD par la Korean Film Archive. Durant la guerre elle-même, plusieurs films furent produits et réalisés, la plupart dans un mouvement pour l'effort de guerre. C'est à partir de 1954 que la Corée du sud, avec l'aide des Etats-Unis, retrouva son industrie cinématographique1 et la fin des années cinquante fut florissante pour la production nationale comportant un nombre considérable de films de guerre et d'action.

Piagol (1956)2, tourné dans la ville de Jeonju (très employée pour le tournage de films historiques) est considéré comme l'emblème de la décennie et l'un des films classiques du cinéma coréen. À sa sortie, le second film de Lee Kang-cheon (né en 1920, c'est l'un des grands cinéastes de la période des années cinquante et soixante), qui ne fut pourtant pas un grand succès commercial, est à l'origine d'une polémique sur l'anticommunisme au cinéma. Relatant la vie d'un groupe de partisans du Mont Chiri pendant la guerre de Corée, le film met l'accent sur la cruauté du capitaine Agari, accusé de nombreuses exactions dont un intellectuel attiré par le communisme, Chul-Su, est le témoin. Piagol s'inscrit dans un courant peu traité (la production de l'époque présentait le plus souvent l'armée du sud) et le portrait des partisans est si réaliste que les auteurs du film se trouvèrent accusés de pro-communisme par l'Armée coréenne.

Ce DVD, comme les autres de la série, est le moyen de découvrir un cinéma peu connu en dehors de ses frontières, en grande partie parce que la plupart des éléments négatifs et positifs ont disparu ou n'existent que dans des états dramatiques, le patrimoine cinématographique coréen étant une notion récente dans la politique culturelle du pays. L'état pitoyable de la copie éditée doit être accepté tel que, puisqu'il s'agit du dernier élément existant à ce jour, même si aucune information ne nous est donnée à ce sujet. La numérisation effectuée apporte une stabilité aux images et permet un visionnage acceptable au regard de l'intérêt historique de cette ?uvre incontournable du cinéma coréen, malgré les défauts qui n'ont pas été corrigés (rayures, taches, blops, etc.). Le film est complété par une interview du critique et historien Kim Jong-won, un documentaire sur le réalisateur Lee Kang-cheon, des filmographies et des galeries de photographies.

Hyperbola of Youth, signé par Han Hyeong-mo (né en 1917), date de 1956. Le cinéaste, qui fut également comédien, pionnier du cinéma coréen a fait l'objet d'une attention particulière dans la collection DVD qui a été lancée, avec notamment Hurrah for Freedom, l'un des titres majeurs du cinéma coréen des années 40, et ses films The Hand of Fate et Madam Freedom ont été édités en 2005.

Hyperbola of Youth est surtout connu pour être l'une des premières incursions du cinéma coréen dans le genre de la comédie musicale, et le seul film du genre de l'après-guerre de Corée, comprenant plusieurs classiques de la chanson comme Nights of Shilla.

Le film narre l'histoire de deux amis d'école qui se séparent dans deux voies différentes. L'un devient riche, l'autre pauvre. Mais, un jour, ils se retrouvent dans le même hôpital pour être soignés : l'un pour avoir trop mangé, et l'autre pas assez. Le médecin propose d'échanger leurs vies. À partir de cette trame minimaliste, Han Hyeong-mo réussit à tirer parti de ses acteurs et de l'univers musical de Park Shi-chun. …

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