Magazine article Journal of Film Preservation

Caméras En Lutte En Mai 68. « Par Ailleurs le Cinéma Est Une Arme.»

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Caméras En Lutte En Mai 68. « Par Ailleurs le Cinéma Est Une Arme.»

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Cet ouvrage se distingue de la masse de livres et de productions audiovisuelles diffusés au cours des célébrations du 40e anniversaire de Mai 68, en ce qu'il constitue l'ouvrage de référence pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire des cinémas engagés et à celui de Mai 68 en particulier.

Conçu à partir d'une recherche pour une thèse de doctorat, ce livre est le résultat d'un travail longuement mûri tant du point de vue politique et social que de la forme et du style.

Les deux premiers chapitres se lisent d'un trait comme un roman. Le premier relate les « positionnements historiques » qui ont précédé Mai 68 et particulièrement l'affaire Langlois à la Cinémathèque française mais vu sous un angle complémentaire de Laurent Mannoni dans « Histoire de la Cinémathèque française ». Sébastien Layerle présente à tour de rôle les « profils et pratiques militantes » des « professionnels engagés »,de « l'opérateur témoin » et des « militants syndicaux et ouvriers cinéastes ». Il rend compte, heures par heures, des événements politiques qui ont favorisé !'eclosión de ces productions créatives singulières que sont les films de Mai 68. C'està-dire la mise en place des Etats Généraux du Cinéma, l'annulation du Festival de Cannes, le désintéressement de la majorité des cinéastes professionnels, la mise en marche du mouvement ouvrier et enfin l'engagement de divers groupe de cinéastes qui filment les grèves dans différentes régions de France et initient les ouvriers à l'utilisation de la caméra et au filmage.

Le deuxième chapitre, tout aussi passionnant, s'intitule « Temps de tournage, temps du montage ». Il décrit l'organisation et le déroulement des « Pratiques et Cadres de Diffusion » des films à travers la France jusqu'à la fin des années 70.

L'épilogue donne des précisions sur les modes de diffusion et de lectures des films de Mai 68 lors de festivals, de colloques et autres manifestations. Enfin, la production de films récents réalisés dans le prolongement de certains films de Mai 68 termine cette partie narrative de l'ouvrage.

La seconde partie est introduite par les «Annexes » avec les reproductions in extenso, des textes et des communiqués, des tracts, des lettres, des affichettes. Cet ensemble donne au lecteur le moyen de croiser ces sources avec le récit des deux premiers chapitres.

La section « Sources et bibliographie » contient des archives écrites et la transcription des témoignages et entretiens réalisés par l'auteur auprès de cinéastes (qui n'étaient pas exprimés publiquement jusqu'alors mais il a su gagner la confiance) suit une bibliographie générale et la liste des « Sources audiovisuelles » consultées à partir d'organismes publics et privés en France et en Europe.

La « Base Catalographique, 1968-1970 » avec son avant-propos est particulièrement riche. Elle fournit outre le générique officiel ou officieux des films, la transcription des commentaires lorsqu'ils existent, des informations et des précisions sur l'état des copies, la complétude d'éléments stockés et retrouvés dans les différents lieux et pour les films de montage, les sources d'extraits et defilmage utilisés.

Rappelons enfin qu'une liste aussi complète de ces corpus disparates constitués de films professionnels, de rushes, de tracts et de films d'amateurs n'existait pasjusqu'alors. La cohérence historique de ces films est respectée avec le choix d'un premier classement par pôle d'activité et de production qui regroupe ensuite les comités et collectifs actifs dans ces pôles qui comprend également un pôle de films professionnels et non professionnels. …

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